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LXXX° PRIERE DE SAINT GREGOIRE DE NAREK A LA SAINTE MERE DE DIEU
Du fond du cœur, colloque avec Dieu
1. A présent, devant tant de motifs de désespoir et de durs brisements de cœur, devant la rigueur terrible des
colères divines, l'esprit plongé dans une extrême désolation, c'est toi que je supplie, sainte Mère de Dieu.
Ange issu des hommes, Chérubin revêtu d'une chair visible, Reine du ciel, limpide comme l'air, pure comme la lumière,
immaculée telle une fidèle image de l'Etoile du matin au plus haut point de son essor. O plus sacrée que la Demeure la
plus impénétrable du Saint des Saints, Lieu de l'heureuse Promesse, vivant Eden, Arbre de la Vie immortelle, gardé de
tous côté par l'épée flamboyante. Toi qui as été fortifiée et protégée par le Père Très-Haut, préparée et consacrée par
l'Esprit qui s'est reposé sur Toi et qui t'as rendu son Tabernacle : le Fils unique du Père est devenu ton Premier-né,
ton Fils par la naissance et ton Seigneur par la création. Avec ta pureté sans souillure et sans tache, Tu es bonne ;
avec ta sainteté immaculée, Tu es une avocate tutélaire. Reçois de moi qui T'acclame cette prière de supplication,
présente-la, offre-la à Dieu en y joignant mon ancien discours dans lequel je faisais l'éloge de tes grandeurs, dans
les prières que je T'adressais. Entrelace, unis en elle mes soupirs amers de pécheur avec tes demandes bienheureuses
et au parfum d'encens, ô Plante de vie du Fruit de bénédiction, afin que par Toi toujours secouru et comblé de tes
bienfaits, ayant trouvé refuge et lumière auprès de ta sainte Maternité, je vive pour le Christ, ton Fils et Seigneur.
2. Assiste-moi par les ailes de tes prières, ô Toi qu'on proclame Mère des vivants, afin qu'à ma sortie de
cette vallée terrestre, je puisse sans tourment marcher vers ta demeure de vie qui nous a été préparée, pour que soit
rendue légère la fin d'une vie alourdie par mon iniquité. Change pour moi en fête d'allégresse mon jour d'angoisse,
Guérisseuse des douleurs d'Eve ! Sois mon Avocate, demande, supplie : car comme je crois à ta pureté indicible, voici
que je crois aussi au bon accueil qui est fait à ta parole. De tes larmes, aide-moi, moi qui suis dans le péril, ô Toi,
bénie entre toutes les femmes. Fléchis le genou pour obtenir ma réconciliation, ô Toi, Mère de Dieu. Aie souci de moi
qui suis malheureux, ô Tabernacle du Très-Haut. Tends-moi la main dans ma chute, ô Temple céleste. Glorifie ton Fils en
Toi : qu'il daigne opérer divinement en moi le miracle du pardon et de la miséricorde, Servante et Mère de Dieu : que
ton honneur soit exalté par moi, et que mon salut se manifeste par Toi !
3. (Il en sera ainsi) si Tu réussis à me retrouver, ô Mère du Seigneur ; si Tu as pitié de moi, ô Sainte ;
si dans ma perdition Tu me recouvres, ô Immaculée ; si dans ma frayeur Tu m'accueilles, ô Bienheureuse ;
si, dans la honte où je suis, Tu me fais approcher, ô Toute-Gracieuse ; si coupé que je suis de tout espoir,
pour moi Tu intercèdes, Vierge toujours sainte ; si de l'exil Tu me fais rentrer dans la Famille, ô Toi que Dieu a
exaltée ; si à mon égard Tu montres ta compassion, Toi qui romps les liens de la malédiction ; si dans mon agitation,
Tu me tranquillises, ô Repos ; si le trouble de mes émotions, Tu le changes en paix, ô Pacificatrice ; si de mon
égarement Tu me donnes le moyen de revenir, ô Louée ; si pour ma défense, Tu entres en lice, Toi qui fais reculer
la mort ; si mes amertumes, Tu les adoucis, ô Suavité ; si Tu abolis la distance qui me sépare de Dieu, ô Réconciliation ;
si mes impuretés, Tu les enlèves, ô Toi qui foules aux pieds la corruption ; si, livré que je suis à la mort,
Tu me délivres, ô Vivante Lumière ; si la voix de mes sanglots, d'un seul coup Tu l'arrêtes, ô Allégresse ; si, alors
que je suis terrassé, Tu me redonnes de la vigueur, ô Remède de vie ; si dans ma ruine Tu jettes un regard sur moi, ô
Pleine de l'Esprit ; si avec miséricorde Tu viens à ma rencontre, Toi qui en legs nous fus donnée ; O Toi qui n'est
bénie que par les lèvres immaculées des bouches bienheureuses, voici qu'une seule goutte de ton lait virginal, tombée
en pluie sur mon âme, me redonne force et vie ; O Toi, Mère du Très-Haut Seigneur Jésus, Créateur du ciel et de la terre
entière, que d'une manière indicible Tu as enfant avec toute son humanité et toute sa divinité ; Lui qui est glorifié
avec le Père et l'Esprit Saint en son Essence et en notre nature qu'Il s'est unie d'une manière inscrutable, Lui qui est
tout et en toutes choses, Un de la Trinité. A lui gloire dans les éternités des éternités ! Amen.
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