LE NOTRE PERE

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LA PRIERE DU CHRETIEN

Le Notre Père a été enseigné par le Christ lui-même à ses disciples, comme étant la prière devant être adressée à Dieu le Père, ce qui en fait la prière par excellence du chrétien. Jésus en prononça les paroles alors qu'il mettait en garde contre l'hypocrisie et le rabâchage dans la prière : " Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites qui aiment faire leurs prières debout dans les synagogues et les carrefours, afin d'être vus des hommes. En vérité, je vous le déclare : ils ont reçu leur récompense. Pour toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre la plus retirée, vérrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le secret. Et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens ; ils s'imaginent que c'est à force de paroles qu'ils se feront exaucer. Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Vous donc, priez ainsi : Notre Père..." (Mt 6, 7-9).
Des quatre évangélistes, seuls Matthieu et Luc ont rapporté ces paroles du Christ, et chacun sous une forme différente, sans qu'on puisse établir la forme la plus ancienne. Si leurs deux évangiles furent certainement rédigés en grec, celui de Matthieu témoigne d'une tradition araméenne et hébraïque par de très nombreux sémitismes, tandis que Luc appartenait au monde hellénistique. Les premières communautés utilisaient certainement la forme de l'évangile qui, de Luc ou de Matthieu, avaient leur préférence liturgique. Dès le IVe siècle pourtant, la version plus complète de Matthieu fut préférée et devint la seule en usage dans l'Eglise : ce fut ainsi le texte de Matthieu que la plupart des communautés non hellénophones traduisirent chacune en leur langue.
La prière au Père que le Christ a enseigné à ses disciples s'apparente, pour le contenu aussi bien que pour la forme, aux prières juives et en particulier à la prières des Dix-huit Demandes. Elle s'en distingue néanmoins par sa grande simplicité et la liberté avec laquelle Dieu y est invoqué. L'ordre des demandes est, lui aussi, original et caractéristique de l'enseignement du Christ : elle s'ouvre par un trois prières qui constituent un appel à l'action de Dieu pour l'avènement de son Royaume, dont toute préoccupation de suprématie religieuse ou politique est exclue. Puis une série de requêtes expriment les besoins essentiels des disciples. Tout au long de la prière, la première personne du pluriel, qui caractérise également le Symbole de la foi de l'Eglise arménienne (Nous croyons ...), témoigne de l'unité de l'Eglise, communauté des fidèles rassemblée par et en Jésus-Christ.


COMMENTAIRES ET TRADUCTIONS

Il n'est guère possible de comprendre réellement le Notre Père sans le resituer dans la tradition biblique, ni sans être averti des difficultés de traduction. Les commentaires qui suivent sont destinés à donner quelques repères.
Plusieurs traductions françaises du Notre Père peuvent être données : d'après le texte grec des évangiles de Matthieu (Mt 6, 9-13) et de Luc (Lc 11, 2-4), d'après les traductions établies localement sur le texte grec (notamment les traductions latine et arménienne), et depuis peu, d'après l'araméen, langue sémitique dans laquelle le Christ enseignait aux foules et à ses disciples, et qui fut très probablement la langue dans laquelle Il prononça les paroles du Notre Père. Nous en proposons quatre parmi les plus significatives :
- la traduction littérale du texte grec de Matthieu, que l'Eglise ancienne retint de préférence au texte plus bref de Luc ;
- la traduction littérale de l'arménien, lui-même traduit du texte grec de Matthieu, comme ce fut le cas dans la quasi-totalité des Eglises anciennes non hellénophones ;
- la Traduction Oecuménique de la Bible (TOB), parfois audacieuse mais d'un réel intérêt scientifique ;
- la traduction dite "oecuménique" de 1966, qui, malgré sa prétention à l'oecuménicité et un usage très répandu, est aussi certainement la plus mauvaise, raison pour laquelle les Eglises et la plupart des spécialistes la contestent vivement en plusieurs points.

Notre Père qui es aux cieux
Mt : Notre Père, celui dans les cieux.
Trad. arm. : Notre Père qui es aux cieux.
TOB : Notre Père qui es aux cieux.
Trad. œcum. : Notre Père qui es aux cieux.
Nous nous adressons à notre Père commun, qui est unique. Il s'agit d'une tournure sémitique qui affirme simultanément que Dieu domine la terre toute entière (dans les cieux) et que Dieu est, par son amour paternel, tout près des hommes (Notre Père). Le complément dans les cieux n'est donc pas donné pour localiser le Père.
Le Christ emploie l'expression à de nombreuses reprises, tantôt pour révéler sa filiation divine (mon père), tantôt pour rappeler à ses disciples Celui qui est leur véritable Père (votre père). Les évangiles rendent ces paroles du Christ tantôt par "mon père (ou votre père), celui aux cieux", tantôt par "mon père (ou votre père), le céleste".

Que ton Nom soit sanctifié
Mt : que ton Nom soit sanctifié.
Trad. arm. : que ton Nom soit sanctifié.
TOB : fais connaître à tous qui tu es.
Trad. œcum. : que ton Nom soit sanctifié.
Le Nom de Dieu est un terme biblique, principalement liturgique, qui désigne son Etre. L'expression sanctifier Dieu ou son Nom, également d'origine biblique, ne signifie pas que l'on ajoute à la sainteté de Dieu, le Saint par excellence ; mais elle indique qu'on reconnaît et manifeste ce qu'Il est, dans toute sa gloire. Dieu seul peut se manifester dans sa puissance et sa gloire, sa justice et sa grâce, mais nous participons à cette manifestation et ainsi sanctifions Dieu par notre obéissance à Ses commandements [l'humilité] et la reconnaissance que nous avons de contempler le Dieu révélé [la louange].

Que ton royaume vienne
Mt : que ton Règne vienne.
Trad. arm. : que ton royaume [ou royauté, ou règne] vienne.
TOB : fais venir ton Règne.
Trad. œcum. : que ton règne vienne.
Le règne de Dieu, inauguré par le Christ, est encore rejeté de par le monde ; nous demandons qu'il soit bientôt manifesté et définitivement reconnu sur toute la terre. Tous ceux qui ont entraperçu le royaume de Dieu savent combien ce règne est l'avènement tant attendu…

Que ta volonté soit sur terre comme au ciel
Mt : que ta volonté se réalise comme au ciel, ainsi sur la terre.
Trad. arm. : que ta volonté soit comme au ciel, sur la terre.
TOB : fais se réaliser ta volonté sur la terre à l'image du ciel.
Trad. œcum. : que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Il ne s'agit pas d'une prière de résignation mais un appel au Père pour qu'il fasse en sorte que sa volonté s'accomplisse, sur terre, dans l'Eglise et par chacun de nous. La forme du verbe implique un accomplissement global mené jusqu'à son terme, ce qui ne peut être que l'œuvre de Dieu.

Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien
Mt : donne-nous aujourd'hui notre pain [suit un adjectif grec dont la traduction est incertaine : d'aujourd'hui, du jour qui vient ou substantiel].
Trad. arm. : donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien [ou de chaque jour : notion d'habitude, de continuité, d'assiduité].
TOB : donne-nous aujourd'hui le pain dont nous avons besoin.
Trad. œcum. : donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
L'adjectif grec epiousios qui qualifie le pain demandé, et qui est généralement traduit par quotidien, n'est pas clairement attesté en dehors du Notre Père. L'étymologie incertaine du mot permet plusieurs interprétations :
- du jour qui vient. Par référence à une expression grecque communément employée, le terme epiousios désignerait le jour qui commence. L'Evangile selon les Hébreux semble abonder en ce sens, puisqu'il utilise maar, qui signifie "du lendemain". Demander aujourd'hui le pain du lendemain est pourtant peu conforme à l'enseignement du Christ : "Ne vous inquiétez pas du lendemain : le lendemain s'inquiètera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine" (Mt 6, 34). Il pourrait toutefois s'agir du lendemain eschatologique, le banquet du monde à venir.
- d'aujourd'hui. La même expression grecque est parfois employée pour désigner le jour présent, par opposition au lendemain. La majeure partie des traductions du Notre Père retiennent ce sens en qualifiant le pain demandé de "quotidien" ou de "ce jour". Pareille interprétation est davantage conforme à l'enseignement du Christ et restitue à la demande tout son sens : donne-nous aujourd'hui le pain dont nous avons besoin aujourd'hui, afin qu'à la nécessité quotidienne corresponde la nourriture qui rassasie.
- substantiel. Le terme epiousios n'est pas sans évoquer le livre de Moïse dans sa traduction grecque des Septante : "Vous serez pour moi un peuple periousios" (Ex 19, 6). L'un et l'autre de ces termes pourraient dériver de ousia (substance) : le premier désignerait le pain transformé en notre substance, le second, le peuple vivant autour de la substance divine et qui participe à elle.
Quant au pain, c'est tout ce qui nourrit la personne humaine dans sa plénitude : certes la nourriture, le vêtement et le toit, qui rassasient le corps, afin que la pauvreté du chrétien ne devienne pas misère ni famine ; mais aussi le travail, la famille et l'amitié qui permettent à l'homme de se tenir droit, afin que la solitude du chrétien ne devienne pas exclusion. Et par dessus tout, la Parole de Dieu et le pain eucharistique, par lesquels l'homme est sauvé ; ce pain maintes fois évoqué par Jésus Notre Seigneur : "Travaillez non pour la nourriture qui périt mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que le Fils de l'homme vous donnera" (Jn 6, 27) ; "C'est mon Père qui vous donne le vrai pain de vie, car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde" (Jn 6, 32-33). Le pain véritable est celui qui nourrit l'homme véritable créé à l'image de Dieu, qui élève celui qui s'en nourrit jusqu'à la ressemblance avec son Créateur.

Remets-nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs
Mt : remets-nous nos dettes comme nous remettons à ceux qui nous devaient.
Trad. arm. : remets-nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs [le verbe arménien traduit par remettre est très riche et peut également signifier laisser, (re)lâcher, pardonner, délivrer, faire grâce…].
TOB : pardonne-nous nos torts comme nous-mêmes nous avons pardonné à ceux qui avaient des torts envers nous.
Trad. œcum. : pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
La dette est une obligation, c'est-à-dire un rapport juridique entre deux ou plusieurs personnes et en vertu duquel l'une d'elles - le créancier - peut contraindre l'autre - le débiteur - à accomplir une prestation à son profit. Dans le judaïsme primitif et la plupart des sociétés archaïques, le débiteur garantissait l'exécution de sa prestation en mettant sa propre personne sous le pouvoir de contrainte du créancier, lequel pouvait réduire en esclavage le débiteur définitivement insolvable. Si les auteurs de l'Ancien Testament s'abstinrent d'employer la notion de dette, la contrainte exercée par le créancier étant peu compatible avec la miséricorde infinie de Dieu, le judaïsme postérieur recourut volontiers à l'image du débiteur pour définir la situation de l'homme devant Dieu, à une époque où le pouvoir de contrainte physique du créancier sur le débiteur, remplacé par des garanties financières, ne caractérisait plus guère la dette. Libérée de toute menace physique à l'encontre du débiteur, la notion de dette traduit assez bien ce que l'homme, par son péché, doit et ne peut rendre à son Créateur, dont il reçoit toute grâce et tout bien. Par la demande " remets-nous nos dettes ", nous prions Dieu de nous accorder son pardon, et nous ajoutons " comme nous remettons à nos débiteurs " pour rappeler que nous devons faire preuve de la même miséricorde envers ceux dont le péché nous cause un tort. Le recours désormais courant à l'emprunt et au crédit a considérablement affaibli la notion de dette, si bien que les traductions françaises les plus récentes lui ont substitué assez malencontreusement le " tort " ou l'" offense " : l'un comme l'autre minimisent la gravité du péché, le premier en laissant penser à une simple faute et la seconde en présentant le péché comme une injure faite à Dieu alors que sa véritable finalité est de faire périr l'homme. La notion de dette, si elle est bien comprise, est encore la plus fidèle à la lettre de l'évangile de Matthieu et à l'esprit des nombreuses paraboles du Christ dans lesquelles est employée l'image du débiteur.

Ne nous laisse pas entrer en tentation
Mt : et ne nous fais pas entrer en tentation.
Trad. arm. : et ne nous conduis pas [ou ne nous mène pas] à la tentation.
TOB : et ne nous conduis pas dans la tentation.
Trad. œcum. : et ne nous soumets pas à la tentation.
L'aoriste grec eisenegkeis ("ne fais pas entrer, n'introduis pas") employé par Matthieu (6, 13) a donné lieu à de nombreuses traductions dont aucune ne s'est révélée pleinement satisfaisante. Littéralement, le texte grec laisse entendre que Dieu fait entrer l'homme en tentation, en contradiction complète avec les Ecritures et notamment l'épître de Jacques (1, 13) : "Dieu ne tente personne". C'est Satan qui nous tente, notre concupiscence, nos penchants mauvais, qui nous séduisent et nous entraînent au péché. Des corrections liturgiques furent donc apportées très tôt en de nombreuses communautés, et des commentaires furent rédigés dès le troisième siècle, en Orient comme en Occident, afin d'éliminer toute causalité divine dans la tentation. Saint Ambroise rappelait notamment dans son traité De Sacramentis (V, 29) : "Ne nous laisse pas induire (ne patiaris induci nos) en tentation, mais délivre-nous du mal. Fais attention à ce qu'il dit : Ne nous laisse pas induire en tentation à laquelle nous ne pouvons pas résister. Il ne dit pas : Ne nous induis pas (non inducas) en tentation". Le sens factitif du grec (ne pas faire entrer) était ainsi soigneusement écarté au profit d'une interprétation au sens tolératif (ne pas laisser entrer). Néanmoins, les traductions du Notre Père établies sur le texte grec de Matthieu, notamment latine et arménienne, traduisirent fidèlement le sens factitif, en latin par inducare (induire ; la Vulgate traduit littéralement : "Ne nos inducas") et en arménien par tanim (conduire, mener).
Or, la redécouverte des nuances de l'araméen a permis de constater que toute forme causative d'un verbe araméen ('af'el) ou hébreu (hif'il) peut avoir un sens factitif, ou implicitement permissif, tolératif. Cette nuance implicite était ignorée des traducteurs grecs de la Septante, qui traduirent partout le causatif hébreu ou araméen au sens fort de "faire faire", rédaction que Matthieu reprit dans son évangile en grec. Désormais, les meilleurs spécialistes de l'araméen que sont E. Jenni, G. Willis, A. Caquot, E. Puesch, C. Perrot, J. A. Emerton ou P. Grelot, admettent unanimement le sens permissif, d'où la traduction littérale de l'araméen : "Ne nous laisse pas entrer en tentation" (cf. Mt 26, 41 et parallèles), mais aussi en d'autres passages des Ecritures : "Ne me laisse pas errer loin de tes commandements", et non pas "Ne me fais pas errer..." (Ps 119, 10) ; "Ne laisse pas mon cœur incliner vers une chose mauvaise", au lieu de "N'incline pas mon cœur (Ps 141, 4) ; "Ne laisse pas (et non : ne fais pas) habiter l'injustice sous tes tentes" (Jb 11, 14) ; "Dieu le laisse / ne le laisse pas maître de se nourrir" (Qo 5, 18 ; 6, 2) ; "Ne laisse pas ta main inactive" (Qo 7, 18 ; 11, 6). Outre le fait que l'araméen était la langue dans laquelle le Christ enseignait, la traduction littérale de l'araméen est dépourvue d'ambiguïté : elle nous semble donc être préférable à une traduction du grec.
Curieusement, la traduction dite " œcuménique " du Notre Père a opté pour une traduction particulièrement malheureuse : le verbe soumettre, plus clairement encore que le grec faire entrer, laisse entendre que Dieu est l'initiateur de la tentation, par laquelle Il aliénerait l'homme. C'est pourquoi les Eglises de tradition orthodoxe, les Eglises issues de la Réforme et une grande partie de l'Eglise catholique reprochent depuis longtemps son ambiguïté à cette traduction de la sixième demande du Notre Père, à telle enseigne que le théologien protestant Jacques Ellul la jugeait absurde. Pour la défense de la traduction œcuménique et du choix peu compréhensible du verbe soumettre, on a fait valoir que le grec peirasmos peut également se traduire par "épreuve". Il conviendrait donc de lire " Ne nous soumets pas à l'épreuve ". Si une telle traduction n'est plus blasphématoire [Dieu éprouve l'homme et sa fidélité, comme le Christ fut éprouvé dans le désert où Satan le tenta], elle n'en reste pas moins très peu satisfaisante et doit être écartée car le deuxième membre de la phrase [mais délivre-nous du Malin] poursuit sur le thème de la tentation par Satan, ce qui exclut tout contexte dans lequel il faudrait rendre peirasmos par "épreuve".

Mais délivre-nous du Malin
Mt : mais délivre-nous du Malin.
Trad. arm. : mais délivre-nous du malin.
TOB : mais délivre-nous du Tentateur.
Trad. œcum. : mais délivre-nous du mal.
Nous demandons au Père de nous délivrer de Satan, l'ange qui, s'étant détourné de Dieu par orgueil, s'efforce d'en détruire toute l'œuvre. Cette demande est le prolongement de la précédente : ne nous laisse pas entrer en tentation, par laquelle Satan s'efforce d'inciter l'homme au péché pour l'aliéner et le détourner de Dieu. Nous demandons ainsi au Père d'être délivrés de celui qui nous tente, après lui avoir demandé de nous épargner l'épreuve de la tentation.
La traduction œcuménique du Notre Père a opté pour le sens impersonnel du dernier mot, ponèros : mais délivre-nous du mal. Les Ecritures l'emploient parfois (Mt 5,11 ; 6,23 et 2 Tm 4,18), toujours dans le contexte de l'entreprise de perversion menée par les forces mauvaises. Le sens personnel, qui désigne le Mauvais, c'est-à-dire Satan, le tentateur, doit néanmoins lui être préféré, d'une part parce que les Ecritures l'emploient plus couramment (Mt 5,37 ; 13,19 ; 13,28 ; Jn 17,15 et 2 Th 3,3), et d'autre part, parce que le sens impersonnel peut laisser penser que le mal est dépourvu d'instigateur ou qu'il est une puissance éternelle. Le combat spirituel n'est pas une lutte entre deux principes abstraits - le bien et le mal - mais une tentative de destruction de l'œuvre de Dieu par l'une des ses créatures, Satan, qui se détourna de son Créateur.

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