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LE MONACHISME EN SYRIE
L'ascétisme anachorétique et semi-anachorétique prit très tôt un grand essor dans les Eglises syriennes et fut
marqué par des tendances rigoristes (station debout, port de lourdes chaînes et de corsets de fer, dénuement absolu,
existence sans toit, dans un arbre ou sur une colonne), dont le caractère spectaculaire ne doit pas occulter
l'authentique expérience des Béatitudes partagée par les autres traditions monastiques. Dès la première moitié du IVe
siècle, les échanges plus fréquents avec le reste du monde chrétien atténuèrent cependant grandement ces tendances
rigoristes. Mais bien plus que ce rigorisme qui n'avait rien d'excentrique dans son contexte, le trait le plus
caractéritique du monachisme syriaque fut l'esprit apostolique dont saint Jean Chrysostome faisait l'éloge.
Si cet esprit apostolique se traduisait généralement par une prière permanente pour l'Eglise et tous les peuples, il
était parfois exprimé par l'exercice de l'hospitalité ou par une activité missionnaire qui mena le monachisme syriaque
jusqu'en Chine ou en Irlande, mais également dans les satrapies méridionales de l'Arménie.
Le cénobitisme syriaque n'apparut qu'à la fin du IVe siècle, s'inspirant très fortement du cénobitisme égyptien
(pachômien) ainsi que, dans la partie occidentale de la Syrie, cappadocien (basilien). Souvent considéré comme une
période probatoire pour le moine, le cénobitisme ne se substitua jamais complètement à l'anachorétisme, perçu comme le
couronnement de la vie monastique. Il se caractérisait d'ailleurs par une très grande liberté alliée à une réglementation
seulement partielle de la journée du moine.
Le monachisme syriaque reflète l'éclatement de l'Eglise syriaque entraîné par les controverses christologiques :
monastères "jacobites" de Zeugma ou de Téléda, monastères chalcédoniens maronites et monastères "nestoriens" en Syrie
orientale et en Perse, lesquels ignorèrent le monachisme basilien jusqu'au Xe siècle.
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