PRIERE A LA SAINTE TRINITE

de Jean le Diacre [Hovhannes Sarkavag] (1050-1129)


Une des plus illustres figures de l'Eglise arménienne, appelé " second Chrysostome " par Nerses de Lambron. Né dans une famille de prêtres du canton de Barrissos en Artsakh, élève de l'école du monastère d'Aghpat, il est très tôt remarqué pour ses grandes capacités intellectuelles et de travail. Très tôt, il est ordonné diacre, ce qui lui vaut son surnom. Ordonné prêtre, il a en charge la cathédrale d'Ani et dirige l'école qu'il fonde auprès de cette cathédrale. Plus tard, il assumera aussi la direction de l'école du monastère d'Aghpad.

Il est l'auteur de très nombreuses prières, d'hymnes, de poèmes religieux et de panégyriques. Egalement connu pour avoir augmenté et corrigé la traduction du Psautier, il s'intéressa au calendrier de l'Eglise d'Arménie et fut considéré comme l'un des musiciens les plus en vue de son époque. Sa renommée s'étendit bien au-delà des frontières de l'Arménie et l'on raconte que le roi de Géorgie David IV le Bâtisseur (1089-1125) qui l'aimait et l'appréciait beaucoup, descendait de son trône à chacune de leurs rencontres pour lui demander sa bénédiction. Hovhannes Sarkavag mourut au monastère d'Aghpad en 1129 où il vivait en anachorète.

Ô nature merveilleuse,
consubstantielle au Créateur,
Sainte Trinité unie, que je n'ai jamais manqué de confesser,
que j'ai aimée, et que je sers depuis mon enfance,
dont l'espérance du salut me réjouit toujours,
qui me console toujours de la morosité étouffante et enténébrée
lorsque je l'invoque,
visite ton serviteur afin d'empêcher le malin de se glorifier de m'avoir terrassé.

Donne-moi la force,
et surtout, combat pour moi ce champion implacable et cruel,
car mon corps et mon esprit sont faibles face à ses mauvais desseins.
Mais lorsque je lutte à tes côtés,
Le dragon s'affaiblit et disparaît de honte,
et moi, grâce à Toi, je garde la tête haute et je suis rempli de joie,
puisque ceux qui te portent et qui sont encouragés par l'invocation de Ton nom peuvent le vaincre,
et que ceci étant accompli et scellé en vérité,
je sois digne d'être appelé ton serviteur.

Que ma bouche s'emplisse alors de louanges, afin de bénir Ta gloire,
Père véritable de Ton Fils-unique,
Verbe incarné du Père, Seigneur et sauveur du monde,
Saint-Esprit de Dieu, communiant au Père et au Fils dans toutes les grandeurs et toutes les œuvres, identique en nature, vrai Dieu de Dieu,
maintenant et toujours et dans les éternités des éternités. Amen.

© 2004 Romaric THOMAS