LES SEPT DORMANTS D'EPHESE

24 octobre
Histoire de la dormition et de la résurrection des sept dormants d'Ephèse, dont les noms sont : Maximien, Jamblique (Amlikhos), Marcien (Martonianos), Denys, Jean, Constantin, Antonin.

Ils vivaient aux jours de l'empereur Dèce. Fils de princes glorieux, c'étaient des jeunes gens beaux de visage, qui se tenaient tous les jours en présence de l'empereur. Ils crurent au Christ et se firent baptiser.

Ayant été dénoncés à l'empereur comme étant chrétiens, celui-ci les fit venir en sa présence et leur dit : Est-ce vrai ce que je viens d'apprendre ? Ils confessèrent le Christ, et appelèrent les idoles des démons. L'empereur, irrité, ordonna de les frapper sur les mâchoires ; mais, à cause de leurs parents, il les laissa en liberté, pour leur donner le temps de réfléchir, dans l'espoir qu'ils regretteraient et que leurs parents leur persuaderaient de sacrifier.

Lorsqu'ils eurent quitté l'empereur, ils distribuèrent leurs biens aux pauvres, se rendirent à la montagne voisine, appelée Oglos, pénétrèrent dans une caverne, mirent de la cendre sur leur tête et prièrent Dieu de les délivrer des mains de l'empereur impie. Le soir, au coucher du soleil, tandis qu'ils glorifiaient Dieu, ils rendirent leur âme au Christ.

Quelques jours après, l'empereur les fit chercher, mais on ne les trouva pas. Leurs parents lui dirent : Ils se tiennent cachés dans une grotte de la montagne Oglos. Il ordonna de boucher l'entrée de la grotte avec de grosses pierres pour qu'ils mourussent de faim ; il les croyait encore en vie. Lorsqu'on boucha l'entrée de la grotte, Théodore et Rufin (Rouphinos) qui étaient chrétiens en secret, inscrivirent sur une plaque de plomb les noms des saints, et qu'ils étaient morts pour le Christ. Ils posèrent (la plaque) dans la maçonnerie des pierres, et retournèrent auprès de l'empereur.

Depuis la mort de Dèce jusqu'aux jours de Théodose le Jeune, cent quarante-quatre ans s'étaient écoulés et la terre était couverte par le christianisme. Des gens sectaires apparurent non seulement parmi les laïques mais même parmi les évêques : Théodore et Caïus de Jérusalem, qui voulaient éteindre l'espérance de la résurrection et qui disaient : Il n'y a point de résurrection pour notre corps devenu poussière. L'empereur Théodose, assis sur de la cendre, revêtu de cilice, gémissait sur la nouvelle hérésie qui venait de paraître. Tous les chrétiens orthodoxes s'en lamentaient également.

Mais notre Dieu, tout charitable, eut pitié de ses fidèles et voulut montrer l'espérance de la résurrection. Il inspira le cœur du propriétaire de la grotte, où reposaient les jeunes gens, et il eut l'idée de faire de la grotte un bercail pour ses troupeaux. Aussitôt Dieu rendit l'âme aux sept jeunes gens, qui se levèrent et s'assirent avec un visage resplendissant, croyant s'être endormis la veille. La crainte de Dèce existait encore dans leur cœur. Ils envoyèrent Jamblique à la ville pour acheter du pain, en plus grande quantité que la veille, car ils avaient faim, et en même temps pour se renseigner sur les intentions de Dèce à leur égard.

Jamblique, en sortant de la grotte, aperçut les pierres à l'entrée de la grotte, eut peur d'être reconnu par quelqu'un et d'être conduit lié auprès de l'empereur. Il cacha sa figure avec un mouchoir et se rendit à la ville. Il trouva la ville et les monuments changés, aperçut le signe de la sainte croix sur les murs et les portes ; il entendit le son des cloches et vit la population faire le signe de la croix sur leur visage et faire des serments entre eux au nom du Christ. Il en fut saisi de stupeur et se dit : Ce signe était encore secret hier, et voilà qu'il est évident maintenant. Il se promena à travers la ville et ne vit et n'entendit que la même chose.

Il s'approcha timidement d'un homme et lui demanda secrètement : Est-ce bien Ephèse, ici ? Il lui répondit : Oui. Il se dirigea vers un boulanger et lui remit une pièce de monnaie pour payer le pain. Le boulanger prit la pièce, mais ne la reconnut pas ; il se fit accompagner de Jamblique, et le conduisit au gouverneur et à l'évêque Marinus et dit : Cet homme a découvert un trésor ancien ! et leur montra la pièce ; ayant lu le nom de Dèce inscrit sur la monnaie, ils lui demandèrent : D'où viens-tu et où as-tu trouvé cette monnaie ?

Il leur répondit : Je suis né dans cette ville et j'y ai été élevé. Il leur fit connaître aussi le nom de son père et son titre. Le gouverneur le menaça pour l'intimider : Si tu ne nous dis pas où tu as trouvé cette monnaie, tu recevras beaucoup de coups. Jamblique répondit : Je vous prie, mes seigneurs, permettez que je vous demande : Cette ville est bien Ephèse ? Ils lui dirent : Oui. Jamblique repliqua : Où est donc l'empereur Dèce ? L'évêque lui dit : Mon fils, ou tu es fou, ou tu veux nous tromper pour nous échapper ; tu nous questionnes à propos d'un ancien empereur athée et idolâtre. Jamblique répondit : Hier même, nous avons quitté Dèce vivant dans cette ville et qui torturait les chrétiens ; nous nous sommes sauvés de lui, car nous aussi nous sommes des chrétiens ; si vous ne me croyez pas, venez avec moi et je vous montrerai mes autres compagnons cachés dans une grotte, dans le mont Oglos.

En entendant cela, le gouverneur, l'évêque et une foule de gens de la ville se levèrent et partirent avec Jamblique. Arrivés à l'entrée de la grotte, l'évêque y découvrit la plaque de plomb, et, après l'avoir lue, ils pénétrèrent dans la grotte et y trouvèrent les saints resplendissants et gais, souriants ; ils se prosternèrent devant eux et leur donnèrent le baiser. Les saints leur racontèrent les faits tels qu'ils s'étaient passés.

[L'évêque] écrivit aussitôt à l'empereur Théodose, lui annonçant la résurrection qui venait de se produire avec tant d'éclat. Celui-ci fut rempli de joie à ce récit et se rendit à Ephèse sur des coursiers rapides, accompagné d'une foule de princes et de gens. Lorsqu'ils furent arrivés près de la grotte, les saints se portèrent au-devant de l'empereur ; leur visage resplendissait comme le soleil. L'empereur descendit de cheval, tomba face à terre et se prosterna devant eux. Ensuite il se jeta au cou de chacun d'eux et les embrassa avec des larmes aux yeux. [Les saints], s'étant ensuite assis à l'endroit où ils s'étaient endormis, causèrent avec l'empereur et lui dirent : Que ton règne se maintienne en paix et que ton cœur ne doute plus au sujet de la résurrection des corps devenus poussière, car c'est pour toi que Dieu nous a ressuscités afin que les gens qui ne croient pas, sachent qu'il y a une résurrection pour le corps des hommes devenus poussière. Ce disant, ils inclinèrent la tête et rendirent leur âme à Dieu entre les mains des anges.

L'empereur donna l'ordre aussitôt de construire sept tombeaux en or et en argent pour y déposer les restes des saints. Mais les saints lui apparurent dans la nuit et lui dirent : Dieu nous a ressuscités de la terre et non pas de l'or et de l'argent ; aussi, toi, dépose-nous de nouveau dans la terre d'où nous sommes ressuscités.

On creusa aussitôt l'endroit où les saints s'étaient endormis, et on les déposa à cette place, après l'avoir ornée de verre enchâssé dans de l'or ; l'empereur y fit élever une coupole et, après avoir célébré une très grande fête en l'honneur des saints, il retourna à Byzance en glorifiant et en rendant grâces à Dieu.

Les évêques et les gens qui avaient introduit le schisme, ayant vu le stupéfiant miracle, revinrent à l'orthodoxie.

Certains disent qu'à l'entrée de la grotte se trouvent déposés les restes de Marie Madeleine.

Dieu ressuscita les sept dormants d'Ephèse le 24 octobre.

En ce jour, le saint martyr du Christ Domninus fut mis à mort dans la ville de Thessalonique par l'empereur Maximien. Comme on lui avait brisé cruellement les chevilles, il rendit, sept jours après, son âme à Dieu.

[B En ce même jour, commémoration et repos de sain Proclus, patriarche de Constantinople, qui occupa le siège pendant douze ans après son maître Jean Chrysostome.

En ce jour, fête de sainte Tabitha, que Pierre ressuscita, nom qui se traduit "gazelle" (Ac 9,36).]

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