SAINT LUC L'EVANGELISTE

18 octobre
Histoire de l'évangéliste saint Luc.

Le saint apôtre Luc était d'Antioche, médecin de sa profession. Il se rendit à la ville de Thèbes aux sept portes, aux jours de l'empereur Tibère, y rencontra l'apôtre Paul, renia l'idolâtrie de ses pères et crut au Christ. Il suivit Paul, et devint, comme lui, évangéliste et apôtre. Ils parcoururent ensemble tous les pays et enseignèrent l'évangile du Christ. Il devint un parfait médecin d'âme et de corps pour les hommes, et il accomplit de grands prodiges et miracles.

Il écrivit le saint évangile qui tire son nom de lui, d'après les paroles et le récit du saint apôtre Paul. Il écrivit aussi les Actes des Apôtres.

On dit encore, d'après d'autres récits historiques, que l'apôtre Luc avait été l'élève du grand médecin Galien, lequel vivait aux jours ou le Christ circulait sur la terre, et qu'ayant appris les miracles accomplis par Jésus : qu'il ressuscitait les morts, donnait la vue aux aveugles de naissance, guérissait aussitôt, par la seule parole, les paralytiques, les infirmités incurables et les maladies, rendait la parole aux muets et l'ouïe aux sourds, Galien envoya son élève Luc à Jérusalem auprès du Christ, pour apprendre ce qu'il y avait de vrai et de certain et revenir aussitôt près de lui.

Or lorsqu'il fut arrivé à Jérusalem, eut vu le Christ, eut été témoin de nombreux miracles, et eut vu ceux qui avaient été guéris auparavant, étant descendu dans la maison de l'hémorroïsse guérie par le Christ après douze années de maladie (Mt 9, 20-22 ; Mc 5, 25-34 ; Lc 8, 43-48), Luc retourna dans son pays mais il ne retrouva plus Galien, car celui-ci était décédé, il se rendit alors à la ville de Thèbes où il rencontra l'apôtre Paul, comme nous l'avons écrit plus haut.

Lorsqu'il fut sur le point de mourir, il appela ses disciples et la foule, leur enseigna les paroles divines, les raffermit dans la vraie foi, pria Dieu et rendit son âme en paix. Beaucoup de miracles et de guérisons ont lieu à l'endroit de sa sépulture. Il repose maintenant, de son corps entier, auprès des autres apôtres à Constantinople. L'apôtre et l'évangéliste du Christ, Luc, mourut le 18 octobre.

Dans un autre manuscrit, on peut lire :

Fête de grande solennité et commémoration du saint et lumineux apôtre et évangéliste Luc.

Le saint apôtre Luc était antiochien de nationalité et médecin de sa profession ; il était parvenu à la sommité de l'art de la peinture, dans la ville de Thèbes aux sept portes, aux jours de l'empereur Tibère, et y rencontra les apôtres ; il devint le serviteur et le disciple de l'apôtre Paul.

Il apprit de lui la parole divine, renia l'idolâtrie de ses pères et crut au Christ. Il reçut, outre le don de la guérison du corps, celui de la guérison spirituelle, suivit Paul, et comme lui devint évangéliste et apôtre. Ils parcoururent ensemble tous les pays et y enseignèrent l'évangile du Christ. Il devint un parfait médecin de l'âme et du corps des hommes, et accomplit de grands miracles et prodiges.

Il écrivit le saint évangile, qui est selon son nom, d'après les paroles et le requit du saint apôtre Paul, pour un prince de Rome nommé Théophile. Il écrivit également le livre des Actes des Apôtres.

Il est symbolisé par le bœuf, dans le char aux quatre animaux, et par le Tigre, parmi les quatre fleuves qui contournent la Syrie, d'où il était. Il écrivit l'évangile vingt ans après l'Ascension du Christ.

On dit aussi, d'après un autre récit historique, que l'apôtre Luc avait été le disciple du grand médecin Galien, lequel vivait aux jours où le Christ circulait sur la terre. Ayant appris les miracles accomplis par Jésus, qu'il ressuscitait les morts, rendait la vue aux aveugles de naissance, guérissait par la parole seule et instantanément les paralytiques, les infirmités et les maladies incurables, rendait la parole aux muets et l'ouïe aux sourds, Galien envoya son disciple Luc à Jérusalem, auprès du Christ, pour voir et apprendre le vrai et le certain, et revenir lui en rendre compte, afin que lui aussi, Galien, pût se rendre auprès du Christ.

Lorsqu'il arriva à Jérusalem, vit le Christ et fut témoin de nombreux miracles, étant descendu dans la maison de la femme hémorroïsse que le Christ avait guérie après douze années, Luc suivit, lui aussi, le Christ, l'accompagna et fut admis au nombre des soixante-douze disciples. Il fut témoin de sa passion, de sa mort sur la croix et de sa résurrection. Le dimanche de la Résurrection, il faisait route avec Cléophas vers Emmaüs, lorsque le Christ, se faisant leur compagnon, parla avec eux et devint leur convive.

Après qu'ils l'eurent reconnu, ils revinrent à Jérusalem et annoncèrent la bonne nouvelle aux autres apôtres, en leur racontant comment ils avaient vu le Seigneur ; et pendant qu'ils parlaient, le Seigneur leur apparut lui-même, se tenant au milieu d'eux. Luc fut ainsi témoin de l'Ascension du Seigneur et de la descente du Saint-Esprit. Il décrivit toute l'économie de l'Incarnation du Christ, dans l'ordre, à partir de l'Annonciation de Gabriel jusqu'à l'Ascension au ciel, mais avec plus de détails et plus complètement que ses autres collègues.

On dit aussi que [Luc], a son retour pour rendre compte et raconter tout à son maître Galien, l'avait trouvé décédé. De là s'étant rendu à la ville de Thèbes aux sept portes, en Hellade, il y rencontra l'apôtre Paul. Il devint d'abord son disciple, l'accompagna partout dans toutes les œuvres de la prédication de l'évangile, et participa à toutes ses peines et douleurs, aux prisons, aux liens et à toutes les cruelles souffrances sur mer et sur terre, en le servant avec obéissance. Ils convertirent à la foi, par des miracles, le monde entier et illuminèrent par l'évangile tous les païens, car il est notoire qu'avec Paul il a rempli de l'évangile tout le pays, de Jérusalem à l'Illyrie.

On dit même qu'à une époque Paul l'envoya à la ville de Rome pour y prêcher, et qu'il y fit son disciple de Théophile, le grand prince et duc, qui lui fit écrire le saint évangile, non seulement d'après les paroles et le récit de Paul, qui n'avait pas accompagné personnellement le Seigneur, mais aussi d'après le récit des autres apôtres, qui accompagnèrent le Christ dès le début, comme le dit Luc au commencement de l'évangile et des Actes des Apôtres.

Luc était avec Paul, lorsque celui-ci quitta Jérusalem ; il était aussi avec lui en Césarée lorsqu'il y fut condamné et dans le navire lorsque Paul partit pour Rome, Luc ne le quitta pas jusqu'à sa confession. Il resta même deux années avec lui en prison, et lorsque Paul fut ensuite remis en liberté, il fut envoyé par Paul même à la prédication de l'évangile.

Paul le mentionne et en fait l'éloge en disant aux Colossiens : Luc, le médecin et le bien-aimé, vous salue (Col 6,14). Et il écrit aux Corinthiens en leur disant qu'il leur envoyait Luc avec Tite : Nous avons envoyé aussi avec lui un frère, qui est loué dans toutes les églises à cause de l'Evangile. Et qui en outre a été choisi par les Eglises pour être le compagnon de notre pérégrination, à cause de cette aumône qui est dispensée par nous pour la gloire de Dieu, et pour seconder notre bonne volonté (2 Co 8, 18-19).

Tu vois de quelle manière il en fait l'éloge et le montre comme son coopérateur et son égal en toutes choses ; il l'appelle aussi son bien-aimé et loué dans toutes les églises.

Envoyé par Paul lui-même à la prédication de la parole de Dieu, Luc partit pour l'Orient, parcourut, en prêchant, toute la Libye, l'Egypte et la Thébaïde supérieure et remplit tous ces pays de la doctrine de l'évangile.

Il s'empressa de se rendre ensuite en Hellade, après avoir été sacré pontife par le Saint-Esprit, et il illumina l'Achaïe et la Thèbes inférieure, aux sept portes, par de grands miracles et par sa doctrine. Il convertit également une foule innombrable de gens parmi les gentils, démolissant les temples des idoles et construisant des églises à Dieu, ordonnant des évêques, des prêtres, des diacres et des ministres de l'église de tous les ordres, établissant des règles pour le culte divin. Il ne cessa jamais d'enseigner et de baptiser les multitudes.

Il fut non seulement médecin de sa profession, mais aussi peintre et copiste. Après avoir souffert de nombreuses et diverses tortures, supporte des peines plus nombreuses encore, après avoir illuminé pendant de longues années le monde entier par la prédication de l'évangile, il s'occupa tous les jours de sa vie de choses divines et servit Dieu sans tache et sans péché. Aussi ne se dépensa-t-il pas à des occupations mondaines et ne s'en occupa jamais, mais uniquement de Dieu et toujours de choses divines avec une sainteté pure, se mortifiant par des jeûnes et prières dans la prédication de la parole de Dieu, en se sacrifiant quotidiennement à une mort de chaque jour, en soufflant toutes sortes de peines pour amener les hommes à leur salut ; il fut le serviteur pour le salut de la terre.

Lorsqu'il eut accompli ses quatre-vingts ans, ou, comme d'autres disent, soixante-treize ans, il connut que l'heure de sa mort approchait, fit appeler ses disciples, leur donna des conseils et des règles de prudence. Et tout en priant Dieu, et après leur avoir communiqué la perfection mystique de la religion, il rendit d'une manière admirable son âme à Dieu, et fut enterré avec honneur. Beaucoup de miracles et de prodiges ont lieu sur son tombeau, Dieu voulant ainsi glorifier le serviteur actif en qui Il s'est plu et son disciple.

Au grand empereur Constantin, succéda son fils Constance qui fit transporter les restes (du saint) de l'endroit ou ils étaient, par l'intermédiaire d'Artémius, duc d'Egypte et martyr, et les fit déposer dans le temple des saints apôtres à Constantinople, au bas du saint autel. Au moment où on les y déposait, un prince nommé Anatolius, et qui était atteint d'une maladie incurable, jugée impossible à guérir par tous les médecins, s'approcha des restes du bienheureux évangéliste et fut aussitôt guéri, recouvrant une santé parfaite.

On dit également de [Luc] qu'il reproduisit par la peinture, d'abord l'image du Christ notre Dieu, ensuite celle de sa mère pendant qu'elle était encore en vie ; et lorsque les apôtres présentèrent [ce portrait] à la mère du Seigneur pour voir si elle l'agréerait, elle l'accepta et s'écria en disant : Que les grâces qui naquirent de moi soient, par mon intermédiaire, dans cette image.

Il peignit également les images des saints et des principaux apôtres et c'est par lui que s'est répandue sur toute la terre jusqu'à nos jours une dévotion si pieuse et une œuvre si vénérable.

Le saint apôtre du Christ, l'évangéliste Luc reposa le 18 octobre, 9 sahmi.


SAINT LUC L'EVANGELISTE

Notice biographique disponible sur le site MISSEL

Né païen d'Antioche, Luc, médecin, se convertit et saint Paul qui, au cours de sa seconde mission (vers 49) l'avait pris quelques temps avec lui, le retrouva plus tard à Philippes et le garda auprès de lui. Quand saint Paul eut été décapité, Luc quitta Rome et, dès lors, il faut s'en remettre aux traditions dont on ne trouve pas de traces avant le IVe siècle.

Luc, le compagnon de Paul, a consigné en un livre l'évangile prêché par celui-ci (Saint Irénée de Lyon, Adversus haereses, écrit au IIe siècle).

Ce Luc était médecin. Après l'Ascension du Christ, Paul l'ayant pris pour second à cause de sa connaissance du droit, il écrivit avec son assentiment ce qu'il jugeait bon. Cependant lui non plus ne vit pas le Seigneur dans la chair. Et per conséquent selon ce dont il avait pu s'informer il commença à le dire à partir de la nativité de Jean (Le canon de Muratori - livre rédigé à fin du IIe siècle).

Quant à Luc, antiochien d'origine et médecin de profession, il fut très longtemps associé à Paul et il vécut plus qu'en passant avec les apôtres ; c'est d'eux qu'il a appris la thérapeutique des âmes, comme il en a laissé des preuves dans deux livres inspirés par Dieu, l'Evangile qu'il témoigne avoir composé d'après les traditions de ceux qui avaient été dès le commencement les spectateurs et les ministres de la parole et dont il affirme qu'il les a suivis dès le début ; et les Actes des apôtres qu'il a rédigés non pas après les avoir entendus, mais après les avoir vus de ses yeux (Eusèbe de Césarée : Histoire ecclésiastique, écrit du IVe siècle).

Luc est en fait un Syrien d'Antioche, médecin de profession. Par la suite il a suivi Paul jusqu'à son martyre. Servant le Seigneur sans reproche, il n'eut ni femme, ni enfants, et mourut à quatre-vingt-quatre ans en Boétie, plein du Saint-Esprit (Prologue de Luc, texte écrit au IVe siècle).

Les plus anciennes représentations de saint Luc le montrent écrivant son évangile. Le bœuf que l'on voit près de lui fait référence au sacrifice dans le Temple qui figure au début de son évangile (I 9). On le représente aussi, selon une tradition, en train de peindre la sainte Vierge.

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