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SAINT GREGOIRE LE THAUMATURGE
17 novembre
Vie du bienheureux Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée, dont saint Grégoire de Nysse écrivit la vie.
Saint Grégoire le Thaumaturge était de la ville de Néocésarée ; ses parents étaient païens ; il vivait à l'époque d'Aurélien, l'empereur idolâtre. S'étant rendu en Egypte, il y apprit toutes les branches de la philosophie profane ; il étudia et approfondit également les commandements divins, devint très versé dans l'Ancien et le Nouveau Testament et se fit baptiser.
Jaloux de lui, les philosophes hellènes cherchèrent à entacher et souiller la réputation du bienheureux Grégoire. Ils soudoyèrent une femme prostituée pour qu'elle le calomniât : celle-ci se rendit auprès de lui en criant : " Donne-moi le prix de ma prostitution. " Grégoire, après l'avoir écoutée, ordonna à son serviteur de donner à la femme ce qu'elle demandait. La femme, après avoir reçu la somme, devint possédée du démon et avoua les moyens de calomnie qu'elle avait adoptés ; elle guérit ensuite par la prière de saint Grégoire.
Grégoire, s'étant rendu auprès de Firmilien, évêque de Césarée, y apprit tout le système et la doctrine des statuts ecclésiastiques et retourna à sa ville de Néocésarée. Phédimos, métropolite d'Amasée, voulut sacrer Grégoire évêque de la ville de Néocésarée, mais ce dernier, l'ayant appris, s'enfuit pendant trois jours dans un endroit éloigné. Phédimos, par l'inspiration divine, étendit ses mains vers l'endroit où il était, et accomplit les prières du sacre, comme s'il lui imposait les mains sur la tête ; Grégoire se dressa à l'endroit où il était, car une voix lui disait : " Dresse-toi, Grégoire, en ce lieu, car Phédimos va te sacrer. " Il revint ensuite auprès du métropolite, qui accomplit sur lui tout le rite du sacre.
Dès lors (Grégoire) chercha à devenir savant dans l'exactitude de la foi orthodoxe pour pouvoir être à même de l'enseigner au peuple. Une nuit, l'évangéliste Jean lui apparut avec la très sainte Mère de Dieu, et celle-ci ordonna à l'apôtre de lui enseigner la confession de la foi orthodoxe. (Grégoire) retint dans son esprit tous les termes de la doctrine, les écrivit sur du papier et les enseigna au peuple.
Le grand Grégoire en se rendant à Néocésarée fut surpris en route par une grande pluie vers le soir, et ayant aperçu un temple d'idoles, il y pénétra et y pria toute la nuit, les bras étendus ; les démons qui l'habitaient en furent chassés, et le lendemain matin il reprit son chemin. Le desservant du temple, en y pénétrant pour brûler de l'encens selon l'usage, sut qu'à cause de l'entrée de Grégoire dans le temple les démons en avaient pris la fuite ; il courut en toute hâte, rejoignit saint Grégoire et le menaça, plein de colère, pour qu'il fit revenir au temple les démons. Grégoire saisit un parchemin et y écrivit, donnant ordre au diable : " Entre dans ton temple. " Le desservant prit l'écrit, l'emporta dans le temple, le posa sur les autels, et les démons y rentrèrent.
Le desservant, saisi de crainte, rejoignit de nouveau le grand Grégoire et lui rendit compte de la manière avec laquelle les démons étaient aussitôt revenus aux autels. (Grégoire) lui enseigna tonte la foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le desservant exigea d'abord un signe du grand Grégoire, et crut ensuite au Christ. Il y avait à cet endroit un rocher énorme ; (Grégoire) lui dit : " Sans personne, ce rocher se transportera à un autre endroit. " Saint Grégoire d'un seul mot commanda et le rocher se transporta à l'endroit que le desservant avait désigné. Ce que voyant, ce dernier quitta sa maison, sa femme et sa parenté et suivit le grand patriarche Grégoire.
Le saint, arrivé à la ville, n'y trouva que dix-sept croyants chrétiens seulement ; il construisit aussitôt une église, les baptisa, ordonna un diacre, enseigna au peuple la parole de vie et s'occupa des intérêts de la ville.
Deux frères possédaient un lac poissonneux ; ils étaient constamment en querelle, l'épée en main, et ne voulaient pas écouter les conseils du saint, et se livrer en paix à la pêche du poisson. Une nuit, le thaumaturge se rendit au bord du lac, par sa prière il dessécha le lac et les frères se réconcilièrent.
Le fleuve Lycus (Gaïl) débordait et ses eaux ravageaient la localité ; les habitants se rendirent auprès du grand Grégoire et lui demandèrent aide et secours. Il saisit son bâton, les suivit, planta le bâton au bord du fleuve, et désormais celui-ci ne dépassa plus ses limites. Le bâton prit racine et devint un arbre.
Grégoire se rendit à une ville nommée Comana, y prêcha la parole de vie aux habitants, et ceux-ci lui demandèrent un évêque. Or il apparut à Grégoire, par l'inspiration de Dieu, un homme, chaudronnier de son état, dont le nom était Alexandre. (Grégoire) le présenta, noirci et sali par son métier de chaudronnier ; en le voyant, les habitants de la localité se moquèrent de lui et le considérèrent comme indigne. Grégoire l'envoya prendre un bain, le revêtit de ses propres vêtements et le sacra évêque. Il devint un homme élu de Dieu, les grâces de la science lui furent accordées, et il enseigna au peuple la parole du salut mieux qu'aucune personne instruite ; tous ceux qui l'écoutaient étaient émerveillés. Plus tard il fut martyrisé par les idolâtres et mourut par les flammes pour le Christ.
Deux personnes parmi les Juifs voulurent par esprit de moquerie tromper le thaumaturge. L'un simula le mort en tombant sur la voie par laquelle devait passer le grand Grégoire, l'autre se mit à pleurer sur le défunt et pria (Grégoire) de lui donner un manteau pour l'ensevelir ; il ôta son manteau et en couvrit le mort. Lorsque saint Grégoire se fut éloigné, le Juif vivant dit au faux mort : " Lève-toi, regarde comme j'ai trompé le vieux chrétien et lui ai pris le manteau. " Mais le faux mort était devenu un vrai mort ; le Juif vivant emporta le mort et l'enterra.
A cette époque il y eut une persécution des chrétiens, et (Grégoire) ordonna à tous les fideles de fuir. Lui-même se rendit à la montagne avec son domestique qu'il avait ordonné diacre. Quelqu'un, les ayant aperçus dans la montagne, en informa les persécuteurs, qui coururent après eux et les aperçurent tous les deux de loin. Ceux-ci ayant levé leurs mains priaient Dieu. Lorsque les persécuteurs les rejoignirent, ils ne trouvèrent que deux arbres, et s'en retournèrent le raconter à celui qui les avait dénoncés. Celui-ci monta ä la montagne et les trouva en prières ; il tomba aux pieds de saint Grégoire et se fit chrétien.
Un jour, le diacre demanda à se rendre à la ville pour aller aux bains, car il était fatigué du chemin ; le préposé aux bains l'en empêcha et ne voulut pas le laisser entrer, en disant : " Vers le soir les démons pénètrent dans les bains et emportent ceux qui s'y trouvent. " Le diacre fit le signe de la croix, invoqua à son secours la prière de saint Grégoire, et franchit la porte des bains. Il entendit aussitôt de hauts cris, des coups retentissants, des rumeurs et des gémissements ; il renouvela le signe de la croix, et franchit l'autre porte plus à l'intérieur ; il se fit un tremblement de terre et des flammes jaillirent des eaux. Fortifié par la foi du Christ, il se montra sans peur et sans crainte et se mit à laver sa tête et son corps. Les démons lui dirent : " Si ce n'était à cause de Grégoire qui t'a recommandé à Dieu, tu ne serais pas sorti vivant de ces bains. " Le diacre leur répondit : " Grégoire qui, par son écrit, permit de rentrer dans le temple, que je desservais alors, au démon qu'auparavant il en avait chassé par ses prières, lui-même par ses prières vous chasse maintenant de ce lien. " Ils disparurent aussitôt comme de la fumée et de la poussière. Après avoir quitté les bains, le (diacre) se rendit a la montagne et raconta au bienheureux Grégoire l'expulsion des démons hors des bains.
Lorsque la persécution des chrétiens prit fin, (Grégoire) descendit de la montagne et se rendit à la ville ; il ordonna de célébrer une fête pour tous les saints qui avaient été martyrisés, et de se réjouir d'une joie spirituelle et corporelle pour la conversion obtenue des idolâtres à la piété ; que tous ceux qui auparavant faisaient des réjouissances pour les sacrifices, en fissent autant pour les fêtes divines, en mangeant et buvant convenablement.
Les idolâtres célébrèrent un jour la fête de Zeus. Des multitudes innombrables s'étaient rassemblées et, se trouvant fort mal à leur aise par l'exigüité de l'endroit, ils crièrent tous ensemble : " O Zeus, donne-nous de la place ! " Ce qu'ayant entendu, le thaumaturge Grégoire leur envoya dire : " Je vous donnerai un emplacement aisé, tel qu'il n'en a jamais existé. " Aussitôt ils furent pris de douleurs incurables, qui épuisèrent leur corps comme par un feu, et une grande mortalité se fit parmi eux. Ils allèrent chercher refuge auprès du serviteur de Dieu, Grégoire, qui les suivit, pénétra dans la maison de chacun d'eux et en éloigna la terrible infirmité. Assagis par ces fléaux, ils se convertirent au Christ et se firent baptiser.
Lorsque (Grégoire) fut près de mourir, il constata que toute la ville était devenue fidèle au Christ, ce dont il se réjouit infiniment, à l'exception de dix-sept personnes, juste le nombre des croyants qu'il y avait trouvés au début, et il s'attrista sur ceux qui se trouvaient privés de la foi.
Il ordonna qu'on fit son tombeau dans un endroit étranger, afin qu'il n'apparût plus aucun souvenir de son nom et que, par contre, ou put dire : " Il ne se trouva aucune place pour Grégoire de sou vivant, et à sa mort il se trouva exilé dans un tombeau étranger. "
Saint Grégoire le thaumaturge accomplit beaucoup d'autres miracles qui ne furent point écrits, pour que la foi des gens faibles d'esprit ne s'en trouvât pas affaiblie ; le peu qui en a été écrit par l'évêque Grégoire de Nysse, l'a été pour sa commémoration, le 17 novembre, jour où il trépassa au Christ.
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