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SAINTS GOURIAS, SAMONAS ET HABIB
15 novembre
Martyre des saints Gouria, Samona et Habib.
Ces trois saints martyrs vivaient aux jours de Dioclétien, l'empereur impie, dans la ville d'Edesse, qui s'appelle Ourha ; Gouria (Gourias) et Samona (Samonas) étaient ministres de Dieu aux jours du saint évêque Konas (Kodnateay).
Ils furent conduits comme chrétiens devant le duc Antonin, qui leur ordonna d'offrir de l'encens aux idoles, de se prosterner devant l'image de l'empereur et de renier le Christ. Ils ne voulurent même pas l'écouter mais confessèrent le nom du Christ notre Dieu.
On les jeta en prison avec d'autres prêtres et diacres, et après quelques jours on les fit comparaitre ; on les pressa de sacrifier, mais sans réussir à les détourner de l'espérance du Christ. On les pendit par une main, de la troisième heure de la journée jusqu'à la huitième heure ; toutes les articulations de leurs mains se brisèrent. On leur demanda s'ils se soumettaient à la volonté du duc ; ils n'acceptèrent point.
On les descendit (de la potence) et on les jeta dans une fosse obscure, les pieds lies, pendant trois jours et trois nuits, sans nourriture. On les en sortit et on les pendit par un pied, mais vu la grande faiblesse de saint Gouria, on les descendit et on les jeta de nouveau tous les deux dans une prison obscure. Un jour, on conduisit les saints, pendant la nuit, à la lueur des torches, à la montagne appelée Beth Alah-Kikla (Videla Kikla), et on leur trancha la tête. Les saints s'écrièrent : " Seigneur, reçois notre âme. "
Les chrétiens allèrent recueillir les corps des saints martyrs Gouria et Samona et les déposèrent dans un tombeau, après les avoir ensevelis dans des linges propres.
Saint Habib était diacre, aux jours de l'empereur Licinius (Likianos), et aux jours de Conas (Kodnateay), l'evêque de la ville d'Edesse. Il parcourait les églises et les villages des chrétiens, leur lisait les écritures de la parole de Dieu et les encourageait tous à ne pas craindre les tortures pour le nom du Christ.
On parla de saint Habib à Licinius, l'empereur impie, qui ordonna de le jeter dans le feu. Les soldats le recherchèrent mais ne le trouvèrent pas. Ils saisirent sa mère et ses parents et les jetèrent en prison. Habib, l'ayant appris, alla trouver en secret Théotecnos, le chef des soldats. Celui-ci lui conseilla : " Ne te montre à personne. " Mais Habib n'admit pas son conseil ; au contraire, il fut attristé de ce qu'il n'avait pas été trouve lorsqu'on le cherchait. Théotecnos le fit lier et le conduisit auprès du juge, qui intimida le bienheureux par de nombreuses menaces, sans pouvoir le persuader à renier le Christ.
On le pendit par les bras et on le tortura beaucoup, ensuite on prononça la sentence qu'il serait brûlé dans les flammes. Lorsqu'on le conduisit à l'endroit où on avait allumé le feu, sa mère et tous ses parents, habillés de blanc, le suivirent. Le saint s'élança en priant dans le feu et c'est ainsi qu'il rendit son âme en bonne confession. On le retira du feu et on l'emporta pour l'inhumer dans le même tombeau que les saints Gouria et Samona. Un chrétien du nom de Théophile écrivit l'histoire de ces saints.
Les martyrs confesseurs du Christ Gouria, Samona et le diacre Habib moururent le 15 novembre.
Miracles qui s'accomplirent par l'entremise des confesseurs du Christ Gouria, Samona et Habib aux jours de notre piété.
Lorsque les troupes envoyées du pays de Rome pour la défense de la ville d'Edesse y furent arrivées, il s'y trouvait une femme syrienne, veuve, dont le nom était Sophie. Elle avait une fille, vierge et fort belle, dont le nom était Euphémie. Uu soldat de la troupe qui venait d'arriver et dont le nom était Gottos, à la vue de la jeune fille, conçut des désirs pour elle et la demanda en mariage. La mère n'y consentit pas, parce que l'homme était étranger et habitait un pays lointain. Gottos envoya plusieurs amis comme intermédiaires et intercesseurs auprès de la mère, jurant hautement qu'il n'avait point de femme dans son pays et qu'il ne ferait aucun mal à la jeune fille. La femme consentit, on célébra les noces, et Gottos para Euphémie d'or et d'étoffes précieuses et ils vécurent ensemble longtemps.
Il arriva que d'autres troupes furent envoyées dans la ville en remplacement des premières, et Gottos prépara des chevaux pour conduire sa femme dans son pays. La mère prit sa fille et l'emmena au tombeau des saints ; Gottos donna comme garants les saints martyrs en touchant de sa main leur tombeau ; il prit la jeune fille et se mit en route.
Lorsqu'il fut près d'arriver chez lui, il dit à la jeune fille : " Sache, Euphémie, que j'ai une femme et des enfants ; prépare-toi donc à dire que tu es ma servante, sinon tu seras cruellement tuée par ma femme. " Euphémie était enceinte. Gottos lui ôta les vêtements dont elle était parée, lui passa des étoffes usées et déchirées, de chanvre grossier, et l'introduisit chez lui la tête découverte et les pieds nus. Il dit à sa femme : " Je t'ai amené une servante syrienne. "
La femme, ayant vu la beauté du visage et de la personne d'Euphémie et la sachant enceinte, en devint excessivement jalouse ; elle la chargea des besognes les plus lourdes, la frappa continuellement, la tortura par la faim, la nudité et par un travail très dur. La jeune fille, éplorée, soupirait avec des larmes et se rappelait les confesseurs du Christ. Elle mit au monde un garçon ressemblant parfaitement à Gottos ; ce fut comme un coup de stylet au cœur de la femme, qui résolut de faire mourir la mère et l'enfant. Elle prépara un poison mortel, éloigna Euphémie sous prétexte d'un service quelconque et fit boire le poison à l'enfant, qui mourut sur-le-champ. A son retour, Euphémie trouva l'enfant mort; le poison lui sortait des lèvres comme une écume. Elle prit de la laine, essuya l'écume et la garda soigneusement cachée. Elle alla enterrer son enfant en pleurant.
Elle se dit en elle-même : " Je vais essayer de voir si c'est ma maitresse qui a tué l'enfant " et elle saisit la laine imbibée, la pressa dans un verre de vin, qu'elle présenta à sa maitresse ; celle-ci le prit, le but et tomba morte aussitôt. Les parents de la femme s'agitèrent, firent un grand bruit et condamnèrent Euphémie à être enterrée vivante avec sa maitresse ; effectivement, ils exécutèrent leur projet et enfermèrent Euphémie dans le même cercueil.
Deux jours après, le corps de la morte commença à dégager une mauvaise odeur ; Euphémie poussa un cri à Dieu et aux confesseurs, disant : " C'est vous qui vous êtes portés garants et m'avez livrée à l'impie Gottos : venez voir maintenant dans quel état je me trouve, où je suis et où vous m'avez envoyée. " Et elle poussa d'autres gémissements encore. Aussitôt les trois saints apparurent, rayonnants de lumière, et dirent à la jeune fille : " O femme ! prends courage, car nous sommes venus à ton aide. " La femme sentit une odeur suave et s'endormit. Les saints firent invisiblement un grand miracle, car ils saisirent la jeune fille, la transportèrent et la posèrent la même nuit devant leur tombeau, dans l'église de la ville d'Edesse, et ils dirent à Euphémie : " Voici que nous avons accompli notre garantie en te reconduisant là, d'où nous t'avons prise. " Ce disant, les saints disparurent.
La mère et les habitants de la ville s'y rendirent et y trouvèrent la jeune fille ; ayant appris ce qui lui était arrivé, ils rendirent gloire à Dieu et grâces aux confesseurs martyrs du Christ.
Après un certain temps, Gottos, s'étant rendu de nouveau à la ville d'Edesse, alla trouver joyeusement sa belle-mère et lui présenta les salutations de sa fille et de son petit-fils. Sophie fit venir les notables de la ville et leur présenta sa fille en la présence de Gottos, pour qu'elle rendit compte exactement de tout ce que Gottos lui avait fait subir. Ayant entendu, le stratélate de la ville fit trancher la tête à Gottos ; il voulait même faire brûler son corps, mais l'évêque de la ville ne le laissa pas brûler. Les confesseurs martyrs du Christ Gouria, Samona et Habib furent grandement glorifiés.
En ce jour, veille de fête de la consécration de la grande église de Rome, en l'honneur du Christ.
Dans le manuscrit B, on peut lire :
En ce jour moururent dans les tortures pour la foi du Christ, le grand prince Elpidius, Eustochius et Marcel, par ordre de l'empereur Julien.
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