|
HISTOIRE (lat. historia, recherche sur les actions des hommes dans le passé et fondée sur le témoignage).
Les peuples païens ne concevaient l'histoire que comme une succession d'évènements contingents, sans véritable
origine ni finalité. Pour les philosophes grecs qui observaient qu'en toutes choses, la nature tend vers une finalité
propre, seul le temps semblait n'en avoir aucune : existant depuis toujours, le cosmos paraissait soumis au perpétuel
recommencement des rythmes de la nature. L'émergence de la conscience historique de l'humanité naquit de la promesse de
Dieu à Abraham : " Pour moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras le père d'une multitude de nations " (Gn 17, 4).
Le peuple hébreu reçut le premier la révélation de la création du monde et de sa finalité qui transcende les évènements
eux-mêmes, conception radicalement nouvelle dont aucune religion ni sagesse n'avait eu auparavant l'intuition.
Tout l'Ancien Testament témoigne de l'évolution spirituelle qui permit au peuple d'Israël de prendre conscience de
son histoire en comprenant qu'il s'inscrivait dans les desseins d'un Dieu unique et éternel, créateur de toute chose.
Il put se dire "peuple élu" dès lors qu'il lui apparut clairement que toute son existence se trouvait récapitulée dans
l'attente du Messie.
La révélation à tous les peuples de l'origine et du sens de l'histoire est le fruit de l'enseignement de Jésus de
Nazareth, en qui l'histoire de l'humanité comme de la Création toute entière atteignit son point central.
Messie annoncé par les prophètes, il accomplît l'attente du peuple d'Israël ; Dieu fait homme, il révéla la finalité
ultime de l'histoire en annonçant au monde l'avènement définitif et plénier du royaume de Dieu et en avertissant ses
disciples de son retour dans la gloire (la Parousie, du grec parousias : présence, arrivée ; dans son sens
chrétien, second avènement). La certitude d'une finalité historique est depuis universellement partagée,
jusque par les pensées athéistes qui affirment la progression de l'histoire vers un but ultime, le plus souvent
matérialiste. Pour le peuple chrétien, la signification des événements historiques reste comprise à la lumière de
leur finalité que sont ainsi l'avènement du Royaume de Dieu et la seconde venue du Christ. L'attente de ce retour
préfiguré par la résurrection du Christ est la première espérance du chrétien. Nul n'en connaît ni le jour ni l'heure,
" ni les anges des cieux, ni le Fils, personne sinon le Père, et lui seul " (Mt. 24, 36). Les apôtres et les premiers
chrétiens attendaient une parousie prochaine, mais sans doute l'attente sera-t-elle à la mesure de la longue histoire
de l'humanité, car le christianisme ne fait que commencer.
|