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LE CATHOLICOS DE TOUS LES ARMENIENS
Chef de la hiérarchie de l’Eglise, le catholicos de
tous les Arméniens en est le patriarche suprême, la plus haute autorité hiérarchique ;
mais il n’en n’est pas la plus haute autorité en matière de foi. Comme
dans les autres Eglises de tradition orthodoxe, héritières de l’ecclésiologie
de l’Eglise indivise des premiers siècles, la plus haute autorité dogmatique
est conciliaire : « l’Eglise dans son ensemble, par le concile,
exerce l’autorité suprême » (Garéguine Ier). Les trois conciles œcuméniques
de Nicée, Constantinople et Ephèse sont la plus haute autorité conciliaire. Le
catholicos est donc responsable avec l’Eglise et devant elle de la préservation
de l’orthodoxie de la foi, telle que formulée par les conciles œcuméniques
et défendue par les conciles locaux.
Le catholicos est élu par une
assemblée constituée pour un tiers des évêques et pour deux tiers de représentants
laïcs de toutes les communautés arméniennes. Le fait qu’il soit élu à
vie, contrairement aux simples évêques, n’implique pas qu’il soit
intangible : à plusieurs reprises, des catholicos demandèrent à être
remplacés pour des raisons de santé ou pour d’autres motifs, et les évêques
réunis en concile disposent du droit de démettre le catholicos, ce dont ils
firent un usage très parcimonieux.
La mission et la légitimité du catholicos de l’Eglise apostolique d'Arménie
sont symbolisées par les trois prérogatives propres à son rang :
consacrer l’huile sainte (miwŕon), créer de nouveaux évêques et
exercer le plus haut degré juridictionnel et disciplinaire dans l’Eglise.
Généralement perçu par le peuple arménien comme le père spirituel de la nation et le
garant de sa fidélité au Christ dans les épreuves, le
catholicos est traditionnellement associé par l’autorité politique aux décisions
majeures pour le pays, et notamment aux relations diplomatiques. Lors des crises
graves qui firent, à plusieurs reprises, disparaître toute autorité
politique, les catholicos furent appelés à représenter le peuple arménien dans les relations quotidiennes
avec la puissance occupante du moment. Dans l’exercice de ces fonctions
politiques assumées par interim, ils se surent indubitablement continuer à se
faire les garants de la foi de leur peuple, sachant interpréter l’histoire de leur Eglise et de leur peuple dans
une perspective authentiquement chrétienne et fortement empreinte de l’expérience du martyre.
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