LE PREMIER CONCILE OECUMENIQUE : NICEE (325)

1°) La crise arienne à l’origine du premier concile œcuménique

Entre 318 et 320, un prêtre de l’Eglise d’Alexandrie nommé Arius (256/260 - 336), originaire de Lybie et déjà âgé, commence à semer le trouble parmi les fidèles de sa communauté en affirmant que le Fils de Dieu fut « créé dans le temps ». après avoir fait partie du schisme de Mélèce et s’être fait excommunier par son évêque pour son indiscipline grave, il s’était réconcilié avec l’Eglise avant d’être ordonné prêtre, et était devenu un homme influent et considéré pour sa connaissance des saintes Ecritures et sa grande douceur dans son activité pastorale. Pour autant que l’on puisse en juger, Arius était un ascète d’une grande finesse psychologique, formé à la dialectique et très doué dans l’art de la communication pastorale ; il savait notamment formuler ses thèses par des chansons populaires très accessibles. Selon lui, le fait que Jésus ait eu « besoin » d’être sanctifié par l’Esprit saint descendu sur lui au jour de son baptême, prouve qu’il lui fallait être rendu parfait dans l’ordre de la divinité, et qu’en conséquence, sa substance, perfectible et muable, est étrangère et inférieure à celle du Père. Le Christ serait une créature divinisée, ni éternelle ni consubstantielle au Père, mais faite Dieu, « adoptée » par le Père. Le Fils serait certes une créature très supérieure à nous, digne d’être appelée par nous « Dieu », mais qui, comme nous, ne serait qu’une créature d’un Dieu unique, inengendré et Père. N’étant pas lui-même Dieu, il n’aurait rien en propre à nous communiquer de Dieu par son humanité. Le fondement de l’arianisme était essentiellement anti-trinitaire, et ce furent des arguments essentiellement trinitaires que lui opposa saint Athanase d’Alexandrie.

Sa doctrine se répandit très rapidement en Egypte, en Libye et dans les provinces de l’Orient et de l’Asie Mineure. Soutenu par plusieurs évêques de ces régions, pour la plupart anciens élèves de Lucien d’Antioche comme lui, Arius refusa d’entendre son évêque Alexandre et l’accusa de sabellianisme, ce qui était de bonne tactique. Devant l’ampleur de la crise, Alexandre réunit à Alexandrie un synode local des évêques d’Egypte et de Libye, qui condamna, déposa et excommunia Arius, lequel se réfugia en Palestine puis à Nicomédie, chez son protecteur Eusèbe. Deux synodes chercheront alors à s’entremettre en sa faveur. Les troubles politiques engendrés par amenèrent l’empereur Constantin à décider la réunion d’un concile, qui se tint à Nicée du 19 juin (?) au 25 août (?) 325, dans l'oratoire du palais impérial, qui était la plus vaste église de la ville. Le concile compta entre 250 et 300 évêques, selon les auteurs anciens. Le nombre traditionnel de 318, qui se réfère aux 318 serviteurs d’ Abraham (Gn 14, 14), est symbolique. Les débats sur l’arianisme s’ouvrirent par la proposition d’une formule de foi établie par les partisans d’Arius et qui fut rejetée. Eusèbe de Césarée proposa alors le Symbole de son Eglise [le Symbole de Césarée], qui fut adopté, mais auquel les partisans d’Arius étaient susceptibles de souscrire tout en donnant une interprétation arianisante. Il fallait donc préciser le sens du Symbole de Césarée par des additions qui furent longuement discutées : « Nous croyons en un seul Dieu […] et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, engendré du Père, unique engendré, c’est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père […] » Le terme consubstantiel était le mot-clé : l’engendré (le Fils) est consubstantiel à l’engendrant (le Père), la substance du premier est identique à la substance du second, le Fils est Dieu comme le Père et tous deux sont au même niveau d’être. Contre la doctrine d’Arius qui pensait le christianisme à l’intérieur des schèmes néo-platoniciens, la définition de Nicée introduisait ainsi des termes philosophiques grecs dans la théologie, reposant jusqu’alors exclusivement sur les mots des saintes Ecritures. En donnant à des termes grecs un sens spécifiquement chrétien, le concile de Nicée inaugurera le langage proprement dogmatique dans l’Eglise.

Il ne fut point procédé à une rédaction officielle des actes de ce concile, ni de ceux du deuxième concile oecuménique qui se tint à Constantinople en 381. D’après Eusèbe, on ne mettait par écrit que les décisions adoptées, lesquelles étaient alors signées par tous les membres présents (Vita Constantini, III, 34). Il ne semble point qu'on se soit occupé d'en former un recueil, ni même d'en dresser une liste authentique. Outre la réaffirmation dogmatique fondamentale de la divinité parfaite du Christ, ce qui est resté du concile se réduit à la lettre de convocation, à deux circulaires impériales, à des canons dont le texte est fort controversé, et à une lettre synodale. La lettre de convocation, adressée par l'empereur aux évêques, ne nous est connue que par le résumé qu’Eusèbe en a donné. Deux circulaires, écrites par Constantin après la clôture, ont été reproduites par Socrates et par Théodoret. La lettre synodale relate une convention adoptée sur l'époque de la fête de Pâques. Enfin, les canons portent sur la discipline : communément fixés au nombre de vingt, une version arabe en contient néanmoins soixante autres, dont l'inauthenticité est probable.

2°) La réception du concile de Nicée dans l’Eglise d’Arménie

Lorsque la crise arienne émergea dans l’empire romain entre 318 et 320, saint Grégoire l’Illuminateur était sur le point de se retirer du patriarcat, après avoir initié l’évangélisation de l’Arménie septentrionale. Il revint à son fils et successeur Aristakēs (320-327) et à quatre autres évêques de Grande Arménie de se rendre au concile de Nicée, ainsi que l’attestent les listes conciliaires. Tant que régna l’empereur Constantin (+ 337), le royaume arménien fut, semble-t-il, épargné par l’arianisme. Mais lorsque Constance II (337-361) s’assura une autorité exclusive sur la partie orientale de l’empire romain, s’efforçant de lui imposer une confession de foi arienne, la dynastie arsacide arménienne, cherchant à suivre au plus près la ligne politique et religieuse des empereurs byzantins, fut encline à partager, fut-ce en apparence, leur arianisme. Il s'ensuivit un violent antagonisme entre les souverains arméniens et l'orthodoxie nicéenne inflexible des patriarches de l'Eglise d'Arménie. Le patriarche Yusik, petit-fils de saint Grégoire l’Illuminateur, fut mis à mort en 348, sur ordre du roi. Saint Nersēs le Grand, qui comptait parmi les cosignataires de la Lettre aux Italiens et aux Gaules et qui entretenait probablement des relations suivies avec saint Basile de Césarée, fut exilé en 359 avec les autres évêques orthodoxes, après le concile arianisant de Séleucie. L’éphémère retour de l’empire romain à l’orthodoxie nicéenne, sous le règne de Jovien (363-364), ne suffit pas à améliorer les relations entre la cour arménienne et le patriarcat. Les tensions s’accrurent au contraire lorsque l’empereur Valens (364-378) tenta d’imposer l’arianisme dans la partie orientale de l’empire romain : de retour d’exil par ordre du roi, saint Nersēs le Grand sera empoisonné au cours d’un repas (373). La dynastie arsacide arménienne ne renonça définitivement à l’arianisme qu’après la restauration de l’orthodoxie nicéenne dans l’empire romain, sous Théodose Ier. La mémoire de saint Athanase d’Alexandrie, qui fut pendant quarante ans à la tête de la résistance nicéenne et antiarienne, prit alors une place considérable dans l’Eglise arménienne, qui lui attribua par déférence l’une de ses liturgies (qui sera la seule célébrée à partir du Xe siècle) et son Symbole de la foi, qui sera substitué à la fin du IVe siècle au Symbole de Nicée dont il accentue, contre l’hérésie d’Appolinaire condamnée au concile de Constantinople (381), l’affirmation de la pleine humanité du Christ. Le nom de saint Basile de Césarée, autre grande figure de la résistance nicéenne, sera donné à l’une des liturgies arméniennes et ses Règles monastiques seront traduites pour l’ensemble du cénobitisme arménien.

De l’aveu même des historiens, les conditions de la réception des canons nicéens sous le pontificat d’Aristakēs restent à étudier. De retour de Constantinople où ils avaient été envoyés vers 432 pour en rapporter les canons du concile d’Ephèse, Koriwn et Łewondēs, deux disciples de saint Mesrob Maštoc‘, rapporteront également ceux du concile de Nicée, ce qui pourrait signifier que l’Eglise d’Arménie souhaitait alors obtenir une version plus récente, peut-être pour lever certaines incertitudes dans leur immense travail de traduction en langue arménienne.


CANONS DU CONCILE DE NICEE (324) (version arménienne)

(trad. Ch. Mercier d'après une transcription du manuscrit de Nor ǰuła n° 542, dans J.-P. Mahé, Les conciles oecuméniques locaux en version arménienne, REA 15, Paris, 1981, p. 187-262)

COPIE DES CANONS DE NICEE : VINGT CHAPITRES

1. De ceux qui se sont châtrés volontairement
2. Des païens (litt. ceux du dehors) qui sont venus à la foi
3. Qu'il ne faut pas ordonner les dissolus et les ignorants
4. De la consécration de l'évêque
5. De l'excommunication et qu'il y aura concile trois fois par an
6. De celui qui est consacré à l'insu du Catholicos
7. De l'honneur à accorder à l'évêque de Jérusalem
8. Des cathares, c'est-à-dire, des purs
9. De celui qui, sans examen, accède au sacerdoce
10. De celui qui est ordonné pour de l'argent
11. Des apostats
12. Des prêtres qui pèchent
13. De ceux qui meurent en état de péché
14. Des catéchumènes
15. De l'empiètement
16. Des ecclésiastiques qui recherchent le gain sordide
17. Des diacres qui donnent le baptême
18. Des pédérastes
19. De ceux qui se sont séparés pour adhérer aux schismes
20. Du dimanche

Décrets et canons qui furent établis dans la sainte Eglise catholique lors du grand concile de Nicée, où (les Pères) étaient réunis en plein accord, conformément à l'ordre du grand empereur qui a reçu Dieu, Constantin, parce que son cœur surabondait de la grâce du Saint Esprit. Avec les saints patriarches arrivèrent aussi là pour la réunion et pour prendre des décrets les principaux docteurs (vardapets), prélats, spécialistes du droit du peuple (chrétien), 318 évêques, grâce à quoi on lava, on purifia des blessures infectées et gangrenées et l'on allégea, grâce à la pénitence, du fardeau pesant des péchés, péchés qui avaient été commis de toutes les façons.

1. De ceux qui se sont châtrés volontairement, afin d'être appelés saints par les hommes, grâce à cette hypocrisie. Si c'est par suite de maladie ou du fait des médecins ou par les barbares qu'il soit arrivé quelque chose à leurs parties, ces personnes, il est permis de les établir dans le clergé. Mais si c'est en bonne santé et de sa propre volonté que quelqu'un s'est châtré et qu'il a accompli cette action, même s'il est dans le clergé, il convient de l'exclure. Il se tiendra à l'extérieur de l'église et il se contentera d'écouter le chant de l'office et des prières. Pendant sept ans, il fera pénitence de cette manière. Mais le docteur n'interdira pas l'exhortation qui console et (les marques de) charité. Après sept ans, il se tiendra pendant quatre ans sous surveillance avec les pénitents, à l'extérieur de la porte. Et (quand) on aura vu sa fervente pénitence, on l'admettra dans l'église, il participera au mystère et, pendant trois ans, il fera pénitence en se soumettant à la loi, mais il n'accédera pas au rang des ministres. Mais si, tandis qu'il était au rang des audientes, il attrape une maladie mortelle, on lui donnera la communion. Mais s'il revient de sa maladie, la même pénitence lui sera imposée.

2. A propos de ceux d'entre les païens (litt. ceux du dehors), d'entre les autres religions qui veulent croire, la décision des saints conciles fut que tu les accueilles, que tu les fasses renaître dans la piscine et que tu leur enseignes la doctrine des Saintes Ecritures. Mais sans les avoir mis à l'épreuve et sans les connaître à fond, on ne leur confiera pas d'autorité dans l'Eglise ou sur nos lois, jusqu'à ce qu'ils aient pris racine et que, convaincus au fond du cœur, ils reconnaissent la puissance de notre Dieu. Que ce ne soit pas un catéchumène, de peur que, par orgueil, il ne tombe dans le jugement de Satan.

3. A propos des jeunes gens qui manquent de maturité, qui ignorent la doctrine, qui ne connaissent pas les prescriptions, qui ne sont pas au courant des lois, qui parlent inconsidérément, qui s'égarent dans leur conduite et qui sont adonnés au vin : la décision du concile a été qu'on ne les fit pas accéder rapidement au diaconat. D'autre part, s'il s'agit d'un étranger, en provenance d'un autre diocèse, d'une autre province, que tu n'as ni formé, ni instruit, celui-là, tu ne l'admettras pas à l'ordination, en conformité avec l'Apôtre, quand il dit : "Ne te hâte pas d'imposer les mains à quelqu'un et ne sois pas complice des péchés d'autrui [1 Tim 5,22]".

4. En ce qui concerne l'évêque, il convient que les évêques de l'éparchie et du pays l'intronisent par eux-mêmes. Mais, soit qu'il y ait urgence, soit que les collègues demeurent loin, trois évêques, avec l'accord de ceux qui sont loin (manifesté) par des lettres testimoniales, l'introniseront. Mais c'est au principal (évêque), c'est-à-dire, au Catholicos, qu'il appartient de donner la dignité et la grâce, selon la volonté du saint concile.

5. A propos de ceux qui se trouvent écartés et rejetés du clergé et de la prière, que ce soit un laïc ou quelqu'un de l'ordre des ministres : s'il vient quelque part et qu'il s'introduise dans le clergé, on ne le recevra pas. Celui qu'un autre docteur (vardapet) aura excommunié ou écarté, un autre docteur ne l'agrégera pas au clergé. Mais si, à la suite d'une enquête, il est certain qu'il a été écarté par dureté, par colère ou par mauvaise jalousie, à celui-là, on manifestera de la charité, on le guérira par la parole de la doctrine et on l'amènera à se soumettre de nouveau à son propre docteur.
Mais si c'est en raison de péchés et de mauvaises actions qu'il a été écarté de l'Eglise, c'est par le remède de la pénitence qu'on le guérira.
Parce que la décision du saint concile a été qu'on tînt trois conciles par an, un, à l'époque de l'automne, un, que l'on appelle fête des Martyrs et un, avant le Carême, on examinera toutes les affaires de l'Eglise. Parce que (l'évêque) est le pasteur d'un troupeau spirituel, il convient de rassembler sous la houlette les brebis de l'Eglise, afin qu'il y ait un seul troupeau et un seul pasteur.

6. La coutume des Anciens aura vigueur en Egypte, à savoir, l'évêque d'Alexandrie aura autorité sur tous (les évêques). En effet, c'est aussi la coutume pour l'évêque de Rome, de même encore pour celui d'Antioche et (dans) les autres éparchies et ce privilège sera gardé dans l'Eglise. Qu'il soit parfaitement clair que si quelqu'un est fait évêque sans l'avis du Catholicos, celui-là, le grand concile a décidé qu'il ne sera plus évêque.
Mais si, ayant été choisi d'un accord unanime selon la vérité et conformément à la loi de l'Eglise, il a été jugé digne et que deux ou trois, pour des querelles personnelles ou par hostilité, s'y opposent, c'est le choix de la majorité qui prévaudra.

7. Puisque la coutume et les dispositions des Anciens ont prévalu, à savoir que l'évêque de Jérusalem soit honoré, il recevra l'honneur conforme à son rang, de telle façon que leur honneur soit conservé aux métropolites comme il convient.

8. Ceux qui se disent saints [les cathares] pour adhérer à l'Eglise catholique et apostolique, la décision du saint et grand concile a été qu'ils reçoivent l'imposition des mains et qu'ensuite ils demeurent dans le ministère. Avant tout, ils feront promesse, par écrit, d'accepter et de suivre régulièrement les lois de l'Eglise catholique, c'est-à-dire d'avoir part aux lois (sic).
A propos de ceux qui, pendant qu'ils subissaient la persécution, ont failli à la vérité, des années leur ont été assignées et des temps, déterminés, pour accepter tout ce qui a été décidé par l'Eglise catholique. Où qu'ils soient tous, dans des villages ou dans des villes, si eux seuls s'y trouvent, ils seront consacrés là où ils se trouvent et ils demeureront dans le ministère .
Selon la même coutume également, quiconque arrivera chez les évêques ou les prêtres de l'Eglise catholique, il est évident que c'est l'évêque de l'Eglise qui aura la dignité épiscopale. Mais celui qui est appelé évêque des Cathares recevra la dignité sacerdotale, à moins que l'évêque veuille lui donner le titre honorifique simplement. Mais si tel n'est pas son avis, il songera à un endroit ou à une province (avec) charge de chorévêque ou de prêtre, pour qu'il demeure dans le ministère, sans qu'il y ait deux évêques dans la ville.

9. De ceux qui, sans avoir été examinés ni mis à l'épreuve, ont accédé au sacerdoce. Par la suite, l'affaire est apparue au grand jour et l'homme a été trouvé impur et, de nouveau empêtré dans les mêmes péchés, il se souillait et agissait contrairement aux canons : celui-là, l'Eglise ne le reçoit pas, ni lui, ni ceux qui l'ont fait prêtre (?). La décision du saint et grand concile a été qu'il s'abstienne (du ministère).

10. A propos des gens indignes qui ont reçu l'onction à l'insu de l'évêque ou bien ceux qui les ont admis le savaient, mais la vérité a été écartée grâce à l'argent. Si, à la fin, l'affaire vient au grand jour ainsi que l'indignité de l'homme et la vénalité des ordinands, la décision du grand concile a été que l'onction lui fût enlevée et que les ordinands fussent punis comme le voudra l'évêque.

11. Ceux qui ont transgressé et violé les canons sans qu'il y eût violence ou confiscation de leurs biens ou dommage quelconque ou quoi que ce soit de ce genre, comme ce fut le cas quand Licianos s'enorgueillit, la décision du grand concile a été que, même s'ils ne méritent pas de miséricorde, on usât cependant de douceur à l'égard de ces gens-là, s'ils font pénitence en tout empressement et sincérité. Pendant trois ans, ils participeront aux prières avec le peuple parmi les audientes.

12. A propos de ceux qui ont été appelés et qui ont reçu heur dignité en de bonnes dispositions et, ensuite, se sont livrés aux péchés - ils ont mangé leur vomissement -, à l'adultère, à la fornication, au vol, à l'avarice, à la vengeance, en particulier ceux qui causent des misères insupportables et, dans le même temps, s'approchent du mystère et de la sainte table, à savoir offrent le sacrifice, et mettent en mouvement la colère de Dieu contre la terre : la décision du grand concile a été, par miséricorde, que ces gens-là seraient punis pendant dix ans et, pendant trois ans, se tiendraient parmi les audientes. Ensuite, une fois examinée et mise à l'épreuve leur pénitence (faite) dans l'empressement d'un cœur ardent et (accompagnée) d'aumônes et de charité envers les indigents, la décision du grand et saint concile a été que l'évêque manifestât de la charité à ces gens-là, que celui qui est du clergé participât de nouveau au mystère et reprît le rang de son ministère. Mais s'il fréquente l'église de façon hypocrite et s'il a les mêmes intentions (?) et si son repentir et sa pénitence vacillants sont faits pour plaire aux hommes, pour un homme pareil les canons s'appliqueront jusqu'à la fin.

13. A propos de ceux qui sont en passe de quitter ce monde et qui n'étaient pas dignes de l'eucharistie de vie : ils ne seront pas privés du viatique, c'est-à-dire, de l'eucharistie. Mais si, après la grave maladie sans espoir qui leur était survenue et après avoir mangé le corps du Seigneur, ils se rétablissent dans la vie, ils se tiendront, pendant un an, avec ceux qui participent simplement aux prières, à la porte et, pendant un an, ils entreront dans l'église et en sortiront avec les pénitents; le docteur, considérant avec charité leur fervente pénitence et les dons de ces hommes aux pauvres, proportionnés à leurs biens, donnera son autorisation et, quand ils auront fait pénitence pendant trois ans, la décision du saint concile a été qu'ils communieront au corps du Seigneur.

14. A propos des catéchumènes, la décision de tout le grand concile a été qu'ils s'instruisent, pendant trois ans, de la constitution et de la loi ; que, pendant un an encore, ils s'adonnent à la prière avec les pénitents ; qu'on manifeste à ces personnes de la miséricorde et de l'humilité - car, en imitant, tu seras utile à toi-même - et, ensuite, ils se baigneront et renaîtront dans la piscine et participeront à la communion, car "celui qui fera et enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume de Dieu [Mt. 5, 19]".

15. A propos des nombreuses agitations et des grands troubles qui se produisent de différents côtés, (du fait de ceux) qui sont évêques et s'efforcent d'empiéter sur le diocèse d'un autre et de ceux qui sont prêtres et ont envie d'empiéter sur la ville et le peuple d'un autre, la décision du grand concile a été qu'on les fasse rester chacun dans son diocèse.
Mais, s'il a osé accomplir cette action avec recours à la violence ou aux présents et s'il s'oppose au canon apostolique, la décision du saint et grand concile a été qu'on destitue ces personnes-là de leur siège et de l'ordre sacerdotal et qu'on les écarte absolument du ministère et, désormais, il sera pour toi comme un insensé : "A qui il a été donné, il sera donné et il abondera et celui qui ne sait pas qu'il a, même ce qu'il a lui sera enlevé [Mt. 13, 12]".

16. A propos de ceux qui sont en poste et appartiennent au clergé de l'Eglise et qui tombent dans l'avarice et dans l'amour du lucre, qui donnent leur argent en prêt et le réclament avec intérêt - et qui oublient la parole des divines Ecritures, qui dit : " Il ne donnera pas son argent en prêt [Ez. 18,8] " et qui surtout sont chancelants dans le ministère, relâchés dans la prière, sans ressorts et mous dans la foi - à l'adresse de ces personnes-là, l'Ecriture dit : " Malheur à ceux qui ont délaissé l'enseignement de leur enfance et qui ont oublié l'alliance divine [Pr. 2,17] " - la décision du grand concile a été d'écarter ces personnes-là du clergé ou bien de les amener à se corriger avec bonne volonté.

17. La nouvelle est arrivée au saint et grand concile de Nicée qu'en différents endroits les diacres donnent la communion et administrent le baptême et cette pratique a été jugée contraire aux canons apostoliques et à tout le grand concile. Eh quoi ! Ceux qui n'ont pas le pouvoir d'offrir le sacrifice, ceux-là comment ont-ils le front de distribuer le corps du Christ ? Mais ce sont ceux qui offrent le sacrifice qui distribueront aussi. Et le diacre aura le pouvoir d'apporter sur la table et d'emporter et de se tenir avec attention au service de l'évêque. Mais les canons ne l'autorisent pas à recevoir l'eucharistie mélangé avec les prêtres.

18. A propos de ceux qui sont pédérastes : ils sont à joindre à ceux qui se souillent avec les bêtes et la pénitence de ces derniers leur sera imposée.
Mais, si c'est un prêtre qui est pris en flagrant délit de ce vice, il abandonnera le sacerdoce. S'il fait partie des clercs, il abandonnera son ordre et la pénitence (du péché) de bestialité lui sera imposée.

19. Ceux qui ont adhéré au schisme du schismatique Paul (de Samosate) et qui, ensuite, se sont réfugiés dans l'Eglise catholique, décision a été prise de les rebaptiser dans l'Eglise catholique, car ce (baptême) n'était pas complet. Mais, si certains d'entre eux, dans le passé, ont fait partie du clergé, pourvu qu'ils soient trouvés sans tâche ou sans souillure, ils seront consacrés par l'évêque de la sainte Eglise.
Mais, si à la suite d'interrogatoires et d'enquêtes, ils ne sont pas trouvés sans souillure, il convient d'enlever (leur ordre) à ces personnes-là. De même aussi en ce qui concerne les diacres et tous ceux qui sont soumis à cette règle, la même disposition s'appliquera. Nous avons rappelé aussi, à propos des diaconesses qui, apparemment, ont reçu la consécration, qu'elles auront, de toute façon, à se tenir comme n'importe quelle laïque.

20. Parce qu'il y a des personnes qui s'agenouillent le dimanche ou dans les journées (qui s'étendent) jusqu'à la Pentecôte, la décision a été que, en tout territoire, il faut de toutes façons observer unanimement la règle posée par le saint concile, (à savoir) que l'on se tiendra debout pour prier le Seigneur de toute la terre.

(Lettre) de l'empereur Constantin aux évêques et aux peuples.

Puisqu'Arius s'est joint aux méchants et aux impies, c'est à juste titre qu'il subira, pour sa honte, le même châtiment que ces derniers. De même que, actuellement, Porphyre aussi, qui (est) l'ennemi de la piété et qui a établi une législation inique concernant les ministres (sacrés), expiera sa mauvaise action comme le mérite son invention et même au point qu'il sera un sujet de honte et que, dans les temps à venir, il sera encore plus accablé de châtiments et d'injures et que sa législation impie ira à sa ruine, de même aussi actuellement notre décision a été que (les partisans ?) d'Arius et ceux qui partagent ses opinions soient appelés Porphyriens - car de ceux dont on partage les idées, de ceux-là on porte le nom - et que, si après cela les écrits d'Arius sont lus et sont trouvés chez quelqu'un, on brûle de pareils (ouvrages), afin que non seulement sa doctrine corrompue soit détruite, mais qu'on n'en retrouve plus du tout de souvenir.

D'autre part, je donne clairement l'ordre que, si les écrits d'Arius sont déposés ou lus chez quelqu'un et s'ils sont vus chez quelqu'un ou s'il les a en quelque sorte cachés et ne les a pas livrés sur place au feu ou ne les a pas détruits en les brûlant, celui-là meure de mort. Mais si, dans le même temps, d'autres encore en trouvent (?), voici quel sera le châtiment : on leur frappera la tête contre le mur et c'est ainsi qu'ils finiront leur vie.

Résumé (litt. "chapitre") de la foi du concile de Nicée.

Sous le gouvernement des glorieux et illustres Paulinus et Julianus, de l'ère d'Alexandre, (l'an) 636, au mois de Mareri, alors que c'était le 22 du mois, trois jours avant les calendes de juin, ce Credo fut établi à Nicée, métropole de Bithynie :

Nous croyons en un seul Dieu, Père Tout-Puissant. Tel est le Credo qu'ont établi les saints Pères. Auparavant, à propos du blasphème d'Arius, quand il dit que le Fils de Dieu est une créature et à propos de tous les hérétiques, Sabellius, Photinus, Paul de Samosate, les Manichéens, les Valentiniens, les Marcionites et tous les hérétiques qui s'élevèrent contre l'Eglise catholique, apostolique et que condamnèrent dans la ville de Nicée, quand ils furent réunis, 318 évêques, dont les noms sont inscrits selon le diocèse de chacun : les serviteurs zélés de Dieu mirent plus d'empressement à fixer (?) les noms des évêques orientaux, parce que, chez les évêques d'Occident, il n'était pas autant question des hérétiques.
Le saint évêque de la ville de Cordoue : "Je crois comme il est écrit ci-dessus". Victor et Benoît, prêtres de la ville de Rome.
D'Egypte : Alexandre de la grande Alexandrie, Aphosatrion (sic) d'Ałp‛okritianos, Adamantios de Kenos, Arbetion de Parbet, Philippos de Pamphia, Petamon d'Heraclée, Secundos de Ptolemaïs, Dorotheos de Peluse, Gaios de Toumou, Antiochos de Semphoy, Tiberios de Tothos ;
de la province de Thébaïde : Atthas de Chsege, Tiranos d'Antinos, Allousianos de Like ;
de la Libye Supérieure : Dakhes de Bernik, Zoperos de Baris, Serapion d'Antypergos, Secundos de Tochlib, Titos de Partanos ;
de la province de Palestine : Makarios de Jérusalem, Germanos de Sébaste, Eusèbe de Césarée, Sabinos de Gargara, Longinos d'Ascalon, Pierre de Nicopolis, Marinos de Yamen (ou Amen), Maximos d'Azat k‛ałak‛, Janouarios de Jéricho, Heliodoros de Zabulon, Aietos de Lyda, Silouanos d'Azot, Petraphyols de Scythopolis, Asklepios de Gaza, Pierre de Ole, Antiochos de Kapetolia ;
du diocèse de Phénicie : Zénon de Tyr, Enias de Ptolos, Mangnos de Damas, Elanikos de Tripoli, Theodoros de Sidon, Pylokapos de Taneados, Grégoire de Beyrouth, Polinos d'Almyros, Anatolios d'Emèse ;
des diocèses syriens des vallées de Coelésyrie : Eustatheos d'Antioche, Zenobeos de Séleucie, Thewodotos de Laodicée, Alphios d'Apamée, Asihenos d'Aresphon, Philochenos d'Erpolis, Myperios de Šmšad, Archelchios de Golach, Ephration de Chalan, Phalados chorévêque, Zoulos de Gabel, Basos de Zeugmat, Gerentios de Laros, Manikios d'Eaphiphan, Eustathios d'Arathous, Paul de Néocésarée, Serikios de Césarée, Seleukios chorévêque, Pierre de Gngar (Gndar), Pegasios d'Arbak, Basones de Gabal ;
de la province d'Arabie : Nikomas de Bostra, Kyron de Philadelphie, Gennatios de Boutan, Severos de Sodome, Sopatros de Baretan, Seweros de Gianisad (Dianisad ?) ;
de Mésopotamie : Aithalaas d'Edesse, Jacques de Nisibe, Antiochos de Ršna ;
de Perse : Jean ;
de la province de Cappadoce : Lewontios de Césarée, Euphsichios de Narcisse de Néroniade, Moyse de Kastabal, Niketes de Phalawid, Eudomon chorévêque, Paulinos d'Adana, Macedonios de Mopsueste, Tarkundes d'Egas, Eusichios d'Alexandrie, Narcisse d'Erinoupolis ;
de la province de Cappadoce : Lewontios de Césarée, Euphsichios de Tyan, Eusithris de Koman, Timotheos de Kibistron, Helpedios de Ko[l]man, Gorgonios chorévêque, Stéphane chorévêque, Eudromios chorévêque, Rhodon chorévêque, Théophane chorévêque ;
de la Petite Arménie : Eulalios de Sabama, Euthios de Satala ;
de la Grande Arménie : Aristakēs d'Arménie, Akrites de Pēēnpol, Eutychianos d'Amas, Helpidios de Koman, Heraklios de Zelon ;
de la province du Pont : Longinos de Néocésarée, Domnos de Trébizonde, Stratophilas de Bitianos ;
de la province de Paphlagonie : Philadelphos de Pinpiapos, Petrinios d'Onopolis, Eusichios d'Amastrid ;
de la province de Galatie : Pancharis d'Ancyre, Markellos de Tawos , Dikasios de Gdamosin, Erechthios de Kinon, Gorgonios de Vertan, Philadelphos d'Ouliapolis ;
de la province d'Asie : Théonas de Cyzique, Menophantos d'Ephèse, Ovion de Loui, Eutichios de Smyrne, Mithris d'Hipopon, Marinos de Louiapont, Paul d'Ana ;
de la province de Lydie : Artemidoros de Sardon, Seras de Thyatiron, Hetimasios de Paladelphos, Paulion de Barios, Agogios de Tripolis, Polerentios d'Ancyre, Marc de Stant ;
de la province de Phrygie : Nonechios de Laodicée, Phlakos de San, Prokopis de Sinadon, Pestikos d'Azan, Athenadoros de Goril (Doril), Paul d'Apamée, Eugenios d'Eikarpos, Philakos ;
de la province de Pisidie : Eulagios d'Ikon (Eulalios), Molomakos d'Andrianapolis (Tolomachos), Euechios de Nikopolis, Eutichios de Seleik, Gramys d'Emon, Tarcisse d'Okma, Patikos d'Amplag (Amplad), Polycarpe de Metropolis (Metropolitanes), Skademios d'Apapom (Akademios), Heraklios de Barios ;
de la province Thi (?) : Eudomos de Patoron ;
de la province de Pamphylie : Kaliklis de Perge, Eurios de Termous, Zeuchsios de Siarbos, Domnos d'Astanton, Kytianos de Séleucie, Patrikios de Maximopolis, Aphrodosios de Magdon ;
des Iles : Euphronios de Rhodes, Meliphran de Cos, Strotedios de Lemnos, Alpodorios de Corcyre ;
de la province de Carie (des Kitéens ?) : Eusebios d'Antioche, Eumnios d'Aphrodes, Eugenios d'Apoloniade, Letodoros de Kyberotan, Eusebios de Melit ;
de la province d'Isaurie : Stephanos de Barotan, Ethineos de Koropes, Edesios de Klauideapolis (Claudiapolis), Agapios de Selok (Séleucie), Silouanos de la métropole d'Isaurie, Phaustos de Panemotikos, Antonios d'Antioche, Nestor de Siegosin (Syedosin ?), Eusebios chorévêque, Cyrille de Mados, Théodore de Ousiadon, Anatole chorévêque, Paul de Larandon, Kountos chorévêque, Tibère d'Antion, Akylas chorévêque, Eusebios du diocèse de Syrie ;
de l'île de Chypre : Cyrille de Pamphos, Gélase de Salamine ;
de la province de Bithynie : Eusèbe de Nicomédie, Théogène de Nicée, Maris de Chalcédoine, Cyrille de Kou, Eusichios de Parahēs, Gorginios d'Apoloniade, Georges de Prousiade, Euhethios d'Adrianos, Théophane chorévêque, Posrov de Kesar (Césarée ?), Eulalios chorévêque ;
d'Auros (?) : Pedarios d'Herathlios (Heracleae) ;
de Dakios : Protones ;
de Sardique de Thrace : Markos de Kalabros ;
de Kalabros de Mysie : Pistos de Markianoupolis ;
de la province de Carthage (Kartagnos) : Kiklianos de Carthage ;
de la province de Macédoine : Alexandre de Thessalonique ;
de la province d'Achaïe : Pistos d'Athènes la Grande, Markos de Bios, Stratios de Pestos ;
de la province de Gardan : Dakos de Macédoine ;
de la province de Thessalonique : Klaudianos de Thesal ;
de la province de Garman : Bidios de Stibyon ;
de la province de Pannonie : Domnos de Panon ;
de la province de Gel : Nikasios de Dyos ;
de la province de Goud : Théophile de Goud ;
de la province de Posphor : Kadmos de Posphor.

Et ceux qui se rassemblèrent à Césarée : Eustalios, Saktos, Loupos, Valentinos, Levontios, Narcisse, Pasilews (Basile ?), Dakasios, Grégoire, Alphchros, Gogianos, Germanos, Heraklios, Gerntios, Amphion, Stéphane, Saedos, Salamineos, Erithrios, Lewontinos. En tout, ils sont 318.

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