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FORMULE DE CONCORDE
JEAN D'ANTIOCHE (433)
La Formule de Concorde de Jean d'Antioche, que saint Cyrille d'Alexandrie avait acceptée dans son intégralité, eut une influence considérable dans le monde grec, mais aussi en Arménie. Hésychius de Jérusalem, qui fit référence, peu après 433, à la Formule dans sa troisième homélie sur le livre de Job, fut traduit en arménien vraisemblablement dès la fin du Ve ou au début du VIe siècle, ce qui confirme la réception de la Formule en Arménie. Son principe exégétique, notamment, fut très tôt adopté par la tradition arménienne.
Nous confessons donc notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, l'unique engendré, Dieu parfait et homme parfait, composé d'une âme raisonnable et d'un corps, engendré du Père avant les siècles selon la divinité, et, le Même, à la fin des jours, pour nous et pour notre salut, [engendré] de Marie la Vierge selon l'humanité ; le Même consubstantiel au Père selon la divinité et consubstantiel à nous selon l'humanité ; car l'union des deux natures s'est faite. C'est pourquoi nous confessons un seul Christ, un seul Fils, un seul Seigneur.
En accord avec cette notion d'union sans confusion, nous confessons que la Sainte Vierge est Mère de Dieu, parce que Dieu le Verbe s'est fait chair et s'est fait homme, et que, dès cette conception, il s'est uni à lui-même le temple qu'il a pris d'elle.
Quant aux expressions évangéliques et apostoliques concernant le Seigneur, nous savons que les théologiens en appliquent certaines d'une manière commune, en tant qu'elles concernent une seule personne, et en distinguent certaines en tant qu'elles concernent les deux natures ; et celles qui conviennent à Dieu, ils les enseignent en référence à la divinité du Christ, mais celles qui sont humbles, en référence à son humanité.
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APOLOGIE DES IMAGES SAINTES (TRAITE CONTRE LES ICONOCLASTES)
VRTHANES KERTOGH (550 ? - 620 ?)
Moine et prêtre, Vrthanès Kertogh fut le plus proche collaborateur du catholicos Movses. Après sa mort, il fut désigné locum tenens et dirigea le patriarcat entre 604 et 607, jusqu'à l'élection du nouveau catholicos Abraham, qu'il assista dans les négociations visant à résorber le schisme entre l'Eglise d'Arménie et l'Eglise de Géorgie.
L'Apologie des images saintes de Vrthanès est le plus ancien traité contre les iconoclastes qui nous soit conservé du monde chrétien. Il défend le culte des images saintes en se référant au rappel biblique de la création à l'image (Gn 1, 26) et de l'Incarnation du Verbe, thèmes que reprendra à son tour le catholicos Hovhannès Awjnec‘i (717-728) dans son Traité contre les Pauliciens pour défendre le culte de la croix et des images du Christ contre les groupes iconoclastes originaires de l'empire byzantin.
APOLOGY FOR THE HOLY IMAGES (trad. anglaise)
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NARRATIO DE REBUS ARMENIAE
ANONYME (vers 700)
" Source hostile à l'Eglise d'Arménie et ouvertement polémique dont les affirmations doctrinales demandent à être contrôlées " (N. Garsoïan), la Narratio, dont nous n'avons plus que la traduction grecque, est l'oeuvre d'un auteur dont on sait seulement qu'il était chalcédonien et probablement arménien. Sur le ton du réquisitoire, l'auteur s'efforce de démontrer le julianisme originel de l'Eglise d'Arménie, que le syrien Abdišoy aurait fourvoyée et incitée à condamner le concile de Chalcédoine. Le récit, parfois décousu, offre une présentation tendancieuse et souvent anachronique des sources arméniennes des Ve-VIIe siècles. La Narratio déforme ainsi ouvertement certains passages de la correspondance entre Syriens et Arméniens alors que ses propres citations témoignent qu'elle lui était familiaire. On doit notamment à Nina Garsoïan d'avoir souligné que la thèse de l'identité des positions doctrinales des Syriens et des Arméniens, soutenue par la Narratio et les sources chalcédoniennes soucieuses d'étayer l'accusation de monophysisme à l'encontre de l'Eglise d'Arménie, se heurte à l'examen même des sources arméniennes et syriennes.
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LETTRE A LA PROVINCE D'AMAYK
NERSES SHNORHALI (v. 1151)
La Lettre à la province d'Amayk figure dans la troisième partie du recueil intitulé Lettres universelles, regroupant la correspondance de saint Nerses le Gracieux. Elle fut rédigée du temps de son épiscopat, vers 1151, à la demande de son frère, le catholicos Grigor III, à l'attention des prêtres arméniens desservant, aux confins du Tigre, des communautés isolées au milieu d'une population mélangée composée majoritairement de Syriaques et d'Arabes musulmans. Cette population comprenait également diverses sectes, notamment des restes de ces Tondrakiens que Grigor Magistros avait expulsés de ses territoires. La lettre, qui contient d'important développements christologiques contre différentes hérésies, témoigne déjà de la perspicacité théologique dont saint Nerses devait faire preuve quinze ans plus tard dans ses échanges avec les Romains.
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EXPOSE DE LA FOI DE L'EGLISE D'ARMENIE
NERSES SHNORHALI (1166)
Chef-d'oeuvre théologique de l'une des figures les plus emblématiques de l'Eglise d'Arménie, l'Exposé fut rédigé par saint Nersès Shnorhali (1102-1173) en 1166, l'année de son élection comme catholicos. D'une sainteté rayonnante, qui faisait dire à ses contemporains que " rempli des grâces de l'Esprit-Saint, comme une mer qui s'étend partout, il était sans cesse en flux et en reflux ", il fut l'un des plus ardents artisans de l'unité de l'Eglise qu'ait connu le monde chrétien. Ordonné prêtre à l'âge de seize ans, il assista son frère, le catholicos Grigor III Pahlawuni, durant son long règne (1120-1166), oeuvrant inlassablement au dialogue entre son Eglise et l'Eglise byzantine, et suivant de près les efforts accomplis pour rétablir l'unité entre Rome et Constantinople. En 1165, il rencontra le prince Alexis, gendre de l'empereur Manuel I Comnène (1114-1180). Leur conversation théologique amena le prince à reconsiderer la foi confessée par l'Eglise d'Arménie et à proposer à l'empereur des échanges épistolaires avec saint Nersès. Ce fut dans le cadre de ces échanges, et alors qu'il venait d'être élu catholicos a l'unanimité, que Nersès rédigea l'Exposé, en réponse à un questionnaire préparé par des archimandrites grecs. Ce texte fut transmis a l'empereur qui, après lecture conjointe du patriarche Luc, estima qu'il pourrait permettre le rétablissement de l'unité entre les deux Eglises.
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REPONSE AUX LETTRES DES LATINS
MKRTITCH NAGASH (1436)
La réponse de Mkrtitch Nagash aux lettres des Latins est significative de l'appauvrissement théologique de l'Eglise d'Arménie durant toute la période de la domination ottomane, du XIVe au XIXe siècle. L'aspect restreint de son propos, presque élémentaire, et son expression souvent confuse et maladroite, incitent à penser que son auteur était peu apte à la mission qui lui était confiée par le catholicos. Si Mkrtitch souligne à juste titre l'indivisibilité de l'unique personne du Verbe incarné et le caractère indicible de son union à la chair, il se montre peu familier, et même étranger, à la pensée des pères dont la contribution à la christologie de l'Eglise d'Arménie fut essentielle, qu'il s'agisse des Cappadociens, de saint Cyrille d'Alexandrie, d'Hovhannès Awjnec'i ou de saint Nersès le Gracieux. Il puise manifestement ses sources dans les écrits monophysites, dont il s'inspire dans sa présentation des controverses christologiques du Ve siècle ; c'est ainsi qu'il pose Dioscore d'Alexandrie, Timothée Aelure et le brigandage d'Ephèse en défenseurs de la foi orthodoxe. Ce faisant, Mkrtitch ne témoigne pas seulement de la régression théologique de son époque : il se place, peut-être sans le savoir, en rupture avec la position doctrinale de l'Eglise d'Arménie. Un cas similaire se produisit quelques siècles plus tard, lorsque deux voyageurs de confession protestante demandèrent à rencontrer le patriarche arménien de Constantinople : interrogé par ses visiteurs sur la christologie de son Eglise, le patriarche fit venir un moine regardé pour un brillant théologien, afin qu'il fasse l'exposé de la foi de l'Eglise d'Arménie. Les propos que tint ce moine furent suffisamment hérétiques et " eutychiens " pour que les deux visiteurs protestants, stupéfaits, fissent observer au patriarche que ces propos étaient en contradiction flagrante avec le Symbole de la foi de l'Eglise d'Arménie, qu'ils connaissaient pour l'avoir lu, et qu'en conséquence, ce qui leur était dit par ce moine ne pouvait être la christologie véritable de l'Eglise d'Arménie.
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LE CHRIST DANS QUELQUES TEXTES DU RITE ARMENIEN
Ch. RENOUX
Dans Le Christ dans la liturgie (Conférences Saint-Serge, XXVIIe Semaine d’Etudes Liturgiques, 1980), Bibliotheca Ephemerides Liturgicae, Subsidia, t. 20, Rome, 1981, p. 179-201.
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